PAQUET FISCAL
Heures sup : tout le monde n'en profite pas
vendredi 22.08.2008, 04:50Les heures supplémentaires défiscalisées sont un peu plus utilisées dans notre région qu'ailleurs. Un résultat somme toute logique pour la quatrième région industrielle de France.
Difficile de connaître le nombre de salariés faisant des heures supplémentaires. L'URSSAF du Nord - Pas-de-Calais ne possède pas encore les statistiques annuelles, et les chiffres publiés par l'ACOSS (la banque des URSSAF) concernent seulement le deuxième trimestre 2008.
Les exonérations TEPA (loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat) sont davantage utilisées dans les départements ruraux que dans les zones urbaines.
Malgré tout, notre région apparaît légèrement au-dessus de la moyenne nationale.
Selon l'ACOSS, 40,5 % des entreprises du Nord et 42,2 % de celles du Pas-de-Calais ont déclaré une exonération TEPA au cours du deuxième trimestre 2008 (contre une moyenne nationale de 39,3 %), représentant 38 millions d'euros d'exonération. Mais à partir de là, difficile de savoir combien de salariés ont réellement profité des heures supplémentaires défiscalisées et pour quel montant. Selon les statistiques nationales, l'industrie automobile, celles des équipements mécaniques, de la métallurgie et de la transformation des métaux sont celles qui ont le plus déclaré d'exonération TEPA. Logique étant donné leur poids dans le tissu économique.
« Si 39 % des employeurs du privé ont eu recours aux heures supplémentaires, on constate que ce sont surtout les entreprises de plus de dix salariés qui sont concernées, estime Philippe Perrault, secrétaire général CFDT Nord - Pas-de-Calais. "Travailler plus pour gagner plus" est une belle promesse, mais une grande partie des salariés sont en dehors de ce système. D'autre part, avec les heures supplémentaires, c'est également toute la question de la pénibilité au travail qui réapparaît. Au moment où l'on remet en cause les 35 heures et toute la législation sur les heures supplémentaires, nous allons nous repencher avec force sur les conditions de travail. Surtout dans une région comme la nôtre, fortement industrialisée, où le travail pénible est encore une réalité. »


