Services aux entreprises

Olivier Verhaeghe dans le grand bain des stratégies d'entreprises

Publié le 28/08/2010 à 05h07

Lavoixeco - La lucidité de son regard sur le développement économique régional en étonne toujours plus d'un. À 39 ans, voici un jeune consultant en stratégie on ne peut plus franc du collier, aussi à l'aise dans les eaux policées des institutions régionales que dans celles, plus profondes, des racines du mal de notre région. Enfin quoi, pourquoi diable ne disposons-nous pas de plus d'entrepreneurs ?

Olivier Verhaeghe dans le grand bain des stratégies d'entreprises
Lavoixeco - La lucidité de son regard sur le développement économique régional en étonne toujours plus d'un. À 39 ans, voici un jeune consultant en stratégie on ne peut plus franc du collier, aussi à l'aise dans les eaux policées des institutions régionales que dans celles, plus profondes, des racines du mal de notre région. Enfin quoi, pourquoi diable ne disposons-nous pas de plus d'entrepreneurs ?

Quels sont ces jeunes ados qui, à 15 ans, se posent la question de savoir « comment on change une population ? ». Comment donner confiance, en soi-même et en sa région, susciter l'envie d'entreprendre, l'esprit d'initiative, donner aux parents cette idée - farfelue ! - de faire faire de longues études à leurs enfants, qui resteront davantage dans le Nord - Pas-de-Calais une fois diplômés ? Olivier a 7 ans lorsque, dans sa cuisine, il demande à sa maman pourquoi elle a collé un autocollant sur le frigo, « Je suis du Nord et j'en suis fier ! ».

Mieux que Toyota

Maman répond en substance, air connu, qu'on est fier de se battre pour l'emploi, le travail, la dignité dans la chaleur humaine, etc.

« Une partie de la population, et pas des moindres, attend toujours les nouveaux Toyota pour résoudre le casse-tête du chômage ». Son credo : « On ne s'en sortira pas avec dix Toyota de plus. Par contre, plus d'artisans dans la région, voilà ce qui se voit sur la courbe du chômage ». Olivier Verhaeghe travaille à présent sur l'évaluation du plan régional de création d'entreprises (PRCTE). Il s'aperçoit que les entrepreneurs de la région sont souvent chômeurs, de tous milieux sociaux, avec tout type de diplômes. La solution au développement n'est pas dans les mains des Japonais ou des énarques, mais bien des Nordistes eux-mêmes. Il réfléchit. Ses parents ont toujours été curieux de tout, lui financier dans les collectivités, elle assistante sociale à la Française de Mécanique ou à Lesaffre. « Je fus élevé en entendant qu'on mettrait des siècles à se relever des crises à répétition. C'est flippant ! ». Or, ces fameux entrepreneurs du PRCTE sont tous très bien intégrés socialement. Du réseau relationnel, un sens de l'initiative, un lien fort avec le territoire, une volonté de créer des emplois autour de soi. Olivier anime depuis deux ans l'un des ateliers de prospective du conseil régional. La question y est souvent posée pour envisager l'avenir du Nord : comment casser la transmission héréditaire de l'échec social ? « Les freins comportementaux à la création d'entreprises sont encore trop importants ici ». Réfléchissons encore... Il n'y a pas de développement sans politique d'innovation, donc sans réflexion stratégique. Après huit ans chez Ernst &Young à Lyon et un passage remarqué à la direction des études de la chambre régionale de commerce et d'industrie, le voilà créateur lui-même d'un cabinet roubaisien d'analyses stratégiques, au service des décideurs. Le succès est immédiat. Sans concurrence régionale, le rayonnement d'Id Act tutoie la vocation nationale sur la détection des entreprises à potentiel et les anticipations de crises. Excellente idée ! •

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