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Les salariés qui nettoient l'usine Renault Douai refusent qu'on fasse le ménage dans leur contrat de travail
mardi 23.11.2010, 05:08
Sandrine Pochet, Patricia Herbert et Mercédès Lecoeuvre, en grève depuis hier matin.Les trente-cinq salariés de TFN, l'entreprise qui nettoie chaque jour l'usine Renault de Douai, ont posé chiffons et serpillières hier. Ils refusent de signer les contrats de leur employeur parce qu'il remet en cause d'anciens acquis, comme des jours de RTT. La direction, qui se déplace ce jour à Douai, n'a pas la même lecture. Sud Renault Douai menace d'alerter l'inspection du travail si la grève se poursuit et de porter l'affaire devant le tribunal.
L'imbroglio a pour origine le changement de prestataire pour le nettoyage de l'usine Renault Douai (6 000 salariés). TFN (groupe Atalian) a ravi le 1er septembre le marché à ISS, qui le détenait depuis 2003. Et repris tout le personnel, comme l'impose la législation. Banal : les salariés sont habitués à changer de tunique. « Moi, j'ai fait dix sociétés en trente-deux ans de travail ici, assure Mercédès Lecoeuvre. À chaque fois, il a fallu se battre pour garder nos avantages. Mais là, ça n'a jamais été aussi loin ! »
Ces employés, surtout des femmes, qui briquent chaque jour le paquebot du constructeur automobile (bureaux, douches, toilettes, etc.), refusent de signer le contrat qu'ils devaient rendre ce mardi à leur nouvelle direction. Parce que, selon eux, il foule aux pieds celui qui était jusqu'à présent en vigueur. « On perd onze jours de RTT par an ! », s'emporte Mercédès Lecoeuvre. Actuellement aux 35 heures, les salariés bossent 37 heures par semaine. « On fait comme ça depuis que l'accord sur les 35 heures a été signé. On capitalise, ce qui nous permet de prendre des RTT quand l'usine est fermée sans perdre de salaire. »
TFN ne fait pas la même analyse. « On sait que ça ne tient pas de faire quelque chose contre les acquis, mais ils doivent être écrits, explique David Fruit, responsable régional. Nous avons fait des propositions sur la base des contrats de travail de l'entreprise sortante, soit 35 heures hebdomadaires. » TFN semble d'autant moins disposée à accorder des heures supplémentaires qu'elle envisage de réduire la voilure sur le site douaisien. Treize postes seraient ainsi supprimés, en raison de la « réduction du périmètre de l'activité. » En clair : il y a sur le site douaisien « trop de personnes par rapport aux tâches contenues dans le cahier des charges », affirme David Fruit.
Sauf que depuis le 1er septembre, les salariés n'ont pas vraiment vu la différence. « Seulement 20 salariés pour faire toute l'usine, c'est impossible !, jure Sandrine Pochet. On ne peut déjà pas, à l'heure actuelle, faire tout ce qu'on nous demande. »
« On en a marre, renchérit Mercédès Lecoeuvre, 32 ans de boîte, 1 250 E euros mensuels. On a toutes des problèmes articulaires. On ira jusqu'au bout, jusqu'au tribunal s'il le faut. » C'est ce qu'envisage également Lionel Lereche, secrétaire général de Sud Renault Douai. Il menace aussi d'alerter l'Inspection du travail pour faire constater que l'usine n'est plus nettoyée et que les conditions d'hygiène et de sécurité ne sont pas respectées. Pour le syndicaliste, TFN a remporté le marché « en tirant les prix vers le bas et veut en faire supporter les conséquences sur les salariés. » Le directeur régional de TFN et son adjoint doivent les rencontrer ce matin sur le site de l'usine.


