CHAMBRES CONSULAIRES
[INFOGRAPHIE] Les patrons sont aussi des électeurs !
lundi 06.12.2010, 07:54
Plus de 100 000 patrons sont appelés à voter pour désigner les nouveaux élus des quatre chambres de commerce et dindustrie. Clôture du vote mercredi ! PHOTO MAX ROSEREAULe vote des chefs d'entreprise n'aura jamais été aussi nécessaire pour élire des représentants du monde économique aux pouvoirs globalement renforcés. Pour être d'autant plus légitimes, les nouvelles assemblées locales et régionale doivent être élues avec un maximum d'électeurs. On en est encore loin...
C'est toujours poussif, comme à chaque occasion de renouveler les assemblées des chambres de commerce. En fin de semaine, moins de 15 % des 19 922 chefs d'entreprise électeurs avaient voté dans la zone de l'Artois. Un peu plus de 10 % des 19 209 ressortissants du littoral, moins de 10 % des 51 951 électeurs de droit du Grand-Lille et moins de 10 % des 16 494 votants potentiels du Hainaut-Cambrésis. Que c'est peu ! Et il ne reste que trois jours pour voter ! Dire que les chefs d'entreprise sont suffisamment débordés pour poster une enveloppe ou cliquer sur un site Internet ne suffit pas et ne les exonère pas de leurs responsabilités. Comme estimer que les CCI n'ont jamais vraiment su communiquer sur leur savoir-faire, au risque de subir l'image de technocrates d'une économie institutionnelle engoncée dans de lointains et inaccessibles beffrois.
Réforme nationale
Il n'en est rien, bien sûr. Notre région recensait 13 CCI, une par bassin d'emploi, avant qu'un processus de fusion engagé en 2007 par Bruno Bonduelle (écoutez notre interview audio) au Grand-Lille ne ramène l'équation à 4 CCI indépendantes, chapeautées par une chambre régionale de commerce et d'industrie (CRCI, également à Lille, dans le beffroi de la place de l'Opéra). « Ce processus de fusion va se poursuivre et coïncide, c'est une particularité de notre région, avec la mise en vigueur depuis jeudi d'une réforme nationale du réseau consulaire », explique Jean-Baptiste Tivolle, directeur général de la CRCI. Cette réforme va transformer la CRCI en CCIR (CCI régionale), laquelle se verra dotée de pouvoirs affectés par les antennes locales. Des pouvoirs renforcés.
Les CCI sont des établissements publics, à missions de service public, ayant à leur tête des chefs d'entreprise élus par leurs pairs. Elles contribuent au développement économique, à l'attractivité et à l'aménagement des territoires, sans oublier le soutien aux entreprises (formation, conseil auprès des créateurs, repreneurs, appui au développement international, gérants d'équipements portuaires ou aéroportuaires, etc.).
Les 2 662 salariés des CCI ne sont pas des fonctionnaires, mais travaillent sous statut particulier érigé par le législateur. Le budget des chambres est de 272 ME (dont les ports), dont 70 ME de ressources fiscales issues des entreprises, le reste provenant de subventions (pour un tiers environ) et des services vendus aux entreprises.
Nouveau président régional
Mercredi soir, le dépouillement des votes sera suivi des installations des quatre CCI locales du 21 au 23 décembre. Les nouveaux élus y éliront leurs présidents et formeront à proportion la CCI régionale qui sera installée à Lille le 12 janvier. Ce jour-là sera élu un nouveau président régional.
Léonce-Michel Déprez, imprimeur et président à Béthune, fait campagne pour être réélu mais il doit composer avec les ambitions consulaires de Philippe Vasseur, banquier et président du Comité Grand Lille. Le vainqueur, s'il ne s'agit pas d'un autre candidat à se déclarer à la dernière minute, aura la puissance de feu suffisante pour peser sur les stratégies de développement économiques inscrites à l'État, au conseil régional ou dans les grandes collectivités. Avec l'avantage exclusif de la proximité du terrain et l'ancrage historique dans les territoires.


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