LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ
À Wasquehal, Contentia s'adresse avec tact aux « mauvais payeurs »
jeudi 22.12.2011, 05:24
Sébastien Dirand est le directeur général d'une entreprise qui embauche. PHOTO LA VOIXLes « conseillers commerciaux » sont installés dans de petits bureaux, disposés en étoile. L'ambiance est studieuse. Rien à voir avec ce que l'on peut percevoir sur bien d'autres plateaux téléphoniques. Il faut dire qu'au bout du fil, chez Contentia, on parle d'argent : de celui qui ne rentre pas ! Pour y remédier, il faut faire preuve de tact. L'entreprise, spécialisée dans « le recouvrement de créances », a déménagé de Marcq-en-Baroeul à Wasquehal. Elle prévoit d'embaucher.
« Une facture impayée, cela peut arriver à tout le monde. Les gens ne sont pas forcément de mauvais payeurs... » Qu'ils aient ou pas la volonté de régler ce qu'ils doivent, les consommateurs « dans le rouge » finissent par avoir affaire à une entreprise comme celle de Sébastien Dirand. Il est le directeur général de Contentia, une société de recouvrement de créances qui, peut-être signe de la crise, n'en finit pas de croître.
C'est en septembre que l'entreprise a quitté le parc Europe à Marcq-en-Baroeul pour s'installer à Wasquehal. Ou plutôt se réinstaller. Car c'est là, rue du Molinel, que quinze ans auparavant, l'entreprise a été créée. Émanation de Cofidis, au service des enseignes du groupe 3 Suisses International, elle a pris son envol seule. Et devant sa croissance spectaculaire, elle a souhaité s'installer dans des locaux plus vastes. Et c'est à la place de Monabanq, parti à Villeneuve-d'Ascq, que Contentia s'est installée dans 7 000 m². De quoi voir large. Tous les plateaux ne sont pas occupés, loin de là. Certains sont sécurisés on y parle d'argent, on y manie des données confidentielles. Contentia a 200 à 300 clients, parmi lesquels de grands « facturiers » comme les fournisseurs d'énergie ou de services de téléphonie, mais aussi des banques, des assurances, le e-commerce.
La créance moyenne dans le monde bancaire, c'est d'ailleurs 4 000 euros 500 euros sinon. Mais comment les récupérer une fois envoyée la très diplomatique relance ? Chez Contentia, on se targue d'avoir une façon de faire du recouvrement « différente de ce que fait la concurrence ». Sébastien Dirand n'hésite pas même à dire que son entreprise adopte une « vision humaine » de cette activité pas très bien perçue, on s'en doute. Et cette « meilleure solution », cela passe dans la mesure possible par des procédures amiables, l'étalement de la créance, quand les capacités budgétaires des personnes le permettent, avec évidemment un recours aux huissiers en dernier ressort. « Car ce n'est pas parce qu'on envoie un courrier aux gens que la facture sera payée. Il y a parfois des situations délicates à gérer », comme le surendettement. Et dans tous les cas, « il faut toujours éviter d'aller en justice. Cela encombre les tribunaux et cela coûte de l'argent !
» En moyenne, Contentia parvient à récupérer 30 % des sommes que ses clients cherchent à récupérer. Ce qui ne veut pas dire que 70 % des dettes passent par pertes et profits. « On ne sait pas ce qu'il se passe avant et après notre travail ! » Pour accomplir ce travail, Contentia emploie du monde. En quatre ans, le nombre de salariés est passé de 230 à 380 à Wasquehal (dont 250 conseillers il y en a 60 à Mouscron) et le chiffre d'affaires a été multiplié par deux ! Contrairement à bien des sociétés qui font appel à de la relation clients par téléphone, Contentia se refuse à délocaliser à l'étranger. « Cela pose des problèmes de qualité, et puis on parle d'argent et selon les pays, cela n'a pas la même connotation... » Alors c'est à Wasquehal que Contentia compte se développer. Troisième sur son marché, « notre ambition, c'est d'être le numéro 1 d'ici un an. Quand ce sera le cas, nous serons sans doute 500 dans l'entreprise. »

