BON RÉVEILLON ?
Une année coupée en deux entre la bonne poire du printemps et le fromage de la Saint-Sylvestre
samedi 31.12.2011, 05:12
L'année 2012 repassera-t-elle les plats de 2011? On s'attend à une note bien plus salée...« Je critique pas le côté farce, mais pour le fair-play, y aurait quand même à dire », disait Audiard dans la bouche d'un Ventura magnifié par Lautner en 1966. « Ne nous fâchons pas » titrait l'affiche. Justement comme celle d'une année économique 2011 dont les promesses d'agapes au printemps tournèrent vite fait vinaigre...
Le réveillon de la Saint-Sylvestre sera plus ou moins digeste en fonction des sujets qui seront servis à la table des conversations. À table !
Amuse-bouche
L'année avait pourtant bien commencé. On avait picoré dans les espoirs d'une reprise « molle » mais bien réelle. Les patrons s'en pourléchaient d'avance les babines, leurs carnets de commande étaient enfin revenus à un niveau normal. Ça ouvre l'appétit : Renault Douai s'arroge les futures Laguna et Espace, le Hainaut se mobilise pour le futur institut de recherche technologique sur le ferroviaire (qu'il gagnera en novembre), les recrutements de cadres s'annoncent bons après une grimpette de 15 % en 2010, une entreprise exportatrice sur deux envisage une reprise...
Crème de potiron aux châtaignes
L'appétit vient en mangeant. EDF accepte un terminal méthanier à Loon-Plage (feu vert le 3 mai avec Nicolas Sarkozy à Gravelines). On se régale mais on commence à s'inquiéter. La reprise est là mais elle reste insuffisante. L'année avance, nous sommes en juin. Sevelnord manque de s'étouffer car PSA tarde à rassurer sur le maintien du site automobile valenciennois. Quant à la filière des plastiques végétaux portée par Roquette à Lestrem, c'est Paris qui gâche la fête en voulant revoir la copie.
Confits de foie gras et ris d'agneau, caramel de Porto
Juillet gave tout le monde. Paniques bancaires, tempêtes boursières, le monde entier entre dans les salles à manger. La zone euro est en crise. Mais comment cela va donc finir ? Pendant ce temps, les Chinois font main basse sur Sculfort, machines-outils emblématiques d'un savoir faire endémique à Feignies. La poisse !
Rosace de Saint-Jacques, truffes noires, brunoise de légumes
On en reprend ? Après tout, la « faim » de l'année s'annonce à 0 + ou 0 -, d'après notre Banque de France à Lille. L'agroalimentaire ou l'automobile enregistrent de légères baisses mais la tendance est globalement stable. Pas de décrochage de l'activité en vue à la rentrée des classes.
Pavé de boeuf rôti à four doux, bouillon crémeux aux huîtres
C'est le plat des résistances. On craint les reports d'investissements, les pauses en attendant des jours meilleurs en 2012. L'export fléchit mais on se bat. La région crée toujours un petit millier d'entreprises par mois, la construction du canal Seine-Nord est acquise, la Kangoo électrique se branchera à MCA Maubeuge.
Marbré de morilles et vieux-lille aux fruits secs, salade de jeunes pousses
Gare aux hallucinations : Trois Suisses et Redoute avancent vite vers le 100 % Web tout en gardant les catalogues mais les efforts sont encore grands au plan social pour accomplir les « plans de relance ».
Mille-feuille vertical aux fruits exotiques, crème vanillée
Ah, les desserts ! Bonduelle au Brésil, Auchan à l'Est, Okaïdi qui rachète Éveil et Jeux, Boulanger qui prend Saturn... La soirée n'est pas si mauvaise...
Balade de mignardises et moka
L'aventure de SeaFrance est sur toutes les lèvres. Sauvée ? Pas sauvée ? C'est Cassandre en décembre. Nos économistes estiment que 2012 sera plus difficile que 2011. Le pain noir sera-t-il vraiment servi ? On verra plus tard !
L'addition s'il vous plaît, merci
Près de 15 000 emplois ont été créés entre juin 2010 et juin 2011 mais les postes perdus pendant la crise sont toujours loin d'avoir été retrouvés. Allez, bonne année quand même.
Merci à Clément Marot à Lille pour avoir joué le jeu du menu à la carte.

