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Des entreprises vers les ménages : la TVA sociale est-elle antisociale ?

jeudi 05.01.2012, 05:11
Des entreprises vers les ménages : la TVA sociale est-elle antisociale ? Les effets attendus de la TVA sociale (cliquez sur la loupe pour agrandir). INFOGRAPHIE IDE.

On substituerait les payeurs : les entreprises verraient leurs cotisations sociales baisser, et les ménages les prix augmenter. La TVA sociale est un sujet explosif. Censée alléger le coût du travail et relancer la compétitivité des entreprises, elle crée aussi un nouvel impôt à la veille des élections.

Le projet d'instaurer une nouvelle taxe sur la consommation n'est pas nouveau, mais il est relancé en étourdissant comme jamais toutes les antichambres partisanes. L'idée est simple. Il s'agit de baisser les charges qui pèsent sur les salaires et de compenser le manque à gagner par un relèvement de la TVA.

Une hausse de cette TVA serait compensée par la baisse des charges patronales. Les patrons seraient alors incités à répercuter cet avantage acquis en baissant leurs prix de vente hors taxe. Le coût du travail serait allégé, les délocalisations moins nombreuses, la compétitivité des entreprises renforcée. Et le chômage en baisse.

Risques et périls

L'EDHEC est sans doute l'école de commerce qui aura le plus travaillé sur le sujet avec des propositions à la clé allant dans le sens d'une réduction associée des charges salariales afin d'augmenter le salaire net et de soutenir l'activité par la relance de la consommation.

Sauf qu'en l'occurrence, le projet du gouvernement n'avance pas sur ces bases et prend le risque de ne pas distribuer plus de pouvoir d'achat aux salariés. « Établir une TVA sociale aujourd'hui, c'est prendre des risques importants en fonction du contexte général », estime Stéphane Grégoir, enseignant-chercheur à l'EDHEC, à Croix. « À 35,7 % fin 2011, les taux de marge des entreprises sont au plus bas depuis vingt ans, et rien ne permet d'affirmer que les dirigeants ne profiteront pas de cette bouffée d'oxygène pour restaurer leurs marges en dégageant du résultat. »

Dit autrement, les patrons ne répercuteraient pas suffisamment une baisse des cotisations sur les prix de vente, mais ils consolideraient leurs résultats, donc souvent leurs profits, comme ce fut le cas avec les baisses de TVA à 5,5 % dans les travaux immobiliers en 1999 ou dans la restauration en 2009, répercutées à seulement 57 % et 60 % respectivement.

Mais admettons que les patrons jouent le jeu. L'argument de l'allégement du coût du travail semble tomber. La TVA sociale serait mise en place pour soulager la branche famille de la Sécurité sociale. Soit 30 milliards, entre 3 % et 4 % du coût du travail. « Mais dans le coût d'un produit ou d'un service, il y a aussi le coût de l'énergie ou celui de la matière première », ajoute Stéphane Grégoir.

Le gain de productivité ne serait que de un à deux points. Autant dire sans impact pour empêcher les délocalisations ou rivaliser avec des coûts horaires cinq à sept fois moins chers en Europe centrale ou orientale et trente fois moins chers en Chine. Ainsi va encore le monde... •

PAR YANNICK BOUCHER
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Kasburettes
Effectivement, le projet gouvernemental actuel ne vise qu'à faire baisser les charges patronales sur les salaires, et non les cotisations sociales prélevées aux salariés, qui ne bénéficieraient donc pas d’une augmentation du salaire net.
Par contre, ça serait au salarié de compenser la baisse des charges de son patron par cette TVA supplémentaire qui ferait augmenter automatiquement les prix à la consommation de 5 à 6 % (au moins) ...
C’est pourquoi, alors que, comme l'indique le dernier paragraphe du reportage, cela n'aurait "aucun impact" pour empêcher les délocalisations (comme le prétend pourtant le président pendant sa pré campagne), il est évident que la hausse des prix qui en découlerait mettrait alors encore en plus grandes difficultés beaucoup de familles déjà dans des situations difficiles ...
Même si ça peut sembler une solution dans la tête des gouvernants actuels qui, à mon avis, ne vivent déjà plus dans le même monde que nous depuis longtemps, il est assez consternant de voir que cette solution soit également mis en avant par des gens qui travaillent, ou qui ont travaillé … qui ne voient pas, ou ne veulent pas voir, l’issue inévitable de la mise en place d’une mesure de ce type … Ont ils pensé réellement qu’avec une taxe "sociale" égale pour tout le monde pour le même produit, qu’il soit acheté par un salarié ou par un cadre sup’, la retraite qu’il financerait par ce biais pourrait aussi être la même ? S’ils y avaient pensé réellement, je pense que l’avis de la CFE CGC changerait un tantinet … ou alors … .. Image IPB

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findladette2048
entre "ils devraient" et appliquer il y a un monde.faut pas rêver.
à croire qu'ils mettent le paquet pour s'engraisser avant de quitter le gouvernement ou laisser un bordel monstre à leurs successeurs.
.............

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Kasburettes
Les deux !!! ;)

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David59
ça me parait bien de favoriser les produits fabriqués en France et de favoriser l'exportation des produits français
pip pip

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findladette2048
je me pose la question:
que reste t'il en France de produits que l'on fabrique (genre TRANSFORMé en France),à part le fromage,le vin,les parfums(hum).
Des voitures dans une usine japonaise à Valenciennes avec les pièces venant en majeure parties de l'étranger?
Que l'état ou certains patrons payent leurs cotisations à la sécu d'abord.
Tous les "cadeaux" donnés aux entreprises depuis 5 ans ne les ont pas fait embaucher pour autant,au contraire.

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