SOCIAL
La prime à la casse sociale ne passe pas dans les rangs syndicaux
jeudi 11.03.2010, 05:04
Le rachat d'Acument par Agrati sauve le site de Vieux-Condé mais risque de sacrifier les ex-visseries de Fourmies. PHOTO ARCHIVES «LA VOIX».Total, Arc International, Renault, Faurecia... La grogne sociale dans ces grosses entreprises est-elle l'arbre qui cache la forêt ? La CGT métallurgie tire la sonnette d'alarme pour les PME-PMI de la région en pleine tourmente, et où la colère gronde.
Il y a les craintes pour l'emploi, mais aussi les revendications salariales, attisées par les pertes de pouvoirs d'achat liées au recours massif au chômage partiel. Il ne se passe plus une journée sans qu'un conflit social n'occupe les colonnes de ce journal (voir page suivante). « Le ras-le-bol est général ! », commente, laconique, Jean-Pierre Delannoy. Pour le bouillonnant délégué régional de la CGT métallurgie « on n'est même pas à la moitié du pain noir que l'on veut nous faire manger ».
Mais au-delà des grands noms de l'industrie qui occupent la une des journaux, le syndicaliste s'inquiète de la situation qui s'aggrave, de manière plus insidieuse, dans les PME-PMI. « Pour elles, confrontées à des problèmes de trésorerie récurrents, le couperet tombe plus rapidement que dans les grosses entreprises ». Et la liste est loin d'être exhaustive.
> Acument : déshabiller Pierre pour habiller Paul. Le récent rachat du fabricant de fixations automobiles Acument par l'italien Agrati, a été salué par les politiques comme une grande réussite. Le site de Vieux-Condé est en effet sauvé, ce sont même 120 millions d'euros qui vont y être investis. Mais la colère gronde sur l'autre site de Fourmies (188 salariés) qui s'estime sacrifié. « On va concentrer toute la production sur un seul site où les aides sont plus importantes, au détriment d'un secteur, Fourmies, déjà très touché par le chômage ».
> Nexans, Cerec, aucune visibilité. Le drame des PME-PMI est notamment le manque de visibilité dans les carnets de commande.
C'est le cas pour la câblerie Nexans à Jeumont « où il n'y a de visibilité que pour trois jours », explique Jean-Pierre Delannoy.
Pour l'instant, seulement 12 emplois ont été supprimés (sur 120 salariés). À la Cerec de Recquignies, l'inquiétude est encore plus grande. L'ancienne filiale de Vallourec, rachetée par l'italien Calvi, connaît de gros problèmes de trésorerie (voir page suivante). Le droit d'alerte a été déclenché. Le sort de l'entreprise et de ses 160 salariés est désormais entre les mains des actionnaires du groupe.
> Forges de Fresnes : « La crise a bon dos. » Chez le leader du triangle de freins pour wagons fret, à Fresnes-sur-Escaut, on a « la sensation que l'on cherche à les faire mourir à petit feu », selon les mots du délégué CGT Éric Porquet. « Nous étions 130 en 2001, nous sommes 58 aujourd'hui. Depuis notre rachat par Valdunes, aucun investissement n'a été fait, on a transféré nos technologies sur une autre ligne de fabrication en Roumanie. On a mis l'entreprise en situation difficile en diminuant nos capacités de production. La crise a bon dos. » La colère gronde partout. Elle pourrait bien s'exprimer le 23 mars lors d'un appel à la grève générale.


