LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ
Le directeur général de Staub Fonderie : « L'usine de Merville tourne à plein régime »
lundi 26.09.2011, 05:12
Dans une volonté d'ouverture, Emmanuel Dubs a lui-même accueilli un groupe de vingt visiteurs.Le fabricant des célèbres cocottes en fonte émaillée a ouvert les portes de son usine de Merville, vendredi. L'occasion de faire le point sur la santé de l'ancienne fonderie Franco-Belge avec son directeur général,Emmanuel Dubs.
Petite histoire récente du site. En juin 2008, la société Staub Fonderie est rachetée par le puissant groupe allemand Zwilling, spécialiste en coutellerie et ustensiles de cuisine de haut de gamme. C'est une bouffée d'oxygène pour l'usine de Merville et ses trois cents ouvriers, qui doivent faire face à la concurrence des pays émergents. « L'entreprise n'avait pas beaucoup d'argent, donc elle cherchait à améliorer les coûts... Ça fait du bien d'être adossé à un grand groupe ! », respire le directeur général, Emmanuel Dubs.
Les premiers pas à l'intérieur, vendredi, ont confirmé l'étincelle. L'entreprise ouvrait ses portes au public dans le cadre de la fête de la Gastronomie. « Comme vous pouvez le voir, l'usine tourne à plein régime (voir les chiffres ci-contre) », commente Emmanuel Dubs, depuis le poste de pilotage perché au-dessus des tonnes de fonte (alliage de carbone et de fer) en fusion qui s'écoulent dans les moules de sable noir. C'est là, à plus de 1 300° C, que les fameuses cocottes Staub prennent leurs formes robustes.
« Notre savoir-faire, c'est quelque-chose qui vaut de l'or », s'enflamme le directeur général. Hors de question, donc, de délocaliser tout ou partie de la production. Au contraire. Depuis 2008, plusieurs millions d'euros ont été investis dans l'ancienne - et vieillissante - fonderie Franco-Belge. Dans l'effort de productivité, comme dans les conditions de travail des ouvriers (sanitaires et douches notamment).
Reste que ce n'est pas encore assez, au niveau de l'environnement notamment (lire ci-dessous). « Ce métier est difficile », argue Emmanuel Dubs. Avant d'ajouter : « On a conscience que, pour trouver des solutions, il faut dialoguer. » Avec les élus, mais aussi avec les habitants de Merville, comme en ont attesté les échanges qui ont suivi la visite de l'usine vendredi.
Si cette opération portes ouvertes a été un succès, d'après la direction, le souhait est de la renouveler à l'avenir. Plus globalement, de susciter des activités tournées vers l'extérieur au niveau local. « Parce qu'on n'a rien à cacher », dixit le directeur général. « Parce que le métier de la fonderie n'est pas assez connu », selon une Mervilloise.
Deux raisons dont se serait sans doute emparé Stéphane Launhard, directeur de production à l'usine de Merville, mais absent vendredi. Un Allemand qui, comme Emmanuel Dubs, croit dur comme fer en la santé de son bijou industriel.

