ON EN PARLE
192 ex-Metaleurop aux prud'hommes : un coup pour rien
mercredi 08.02.2012, 05:19
Malgré le renvoi prévisible, une trentaine de demandeurs avaient fait le déplacement: «On doit montrer qu'on est toujours unis».Alors que certains métallos ont acquis définitivement le droit d'être indemnisés par la cour de cassation, d'autres ne sont qu'au début de leur marathon judiciaire. Ils se sont présentés hier devant le conseil des prud'hommes de Lens. Et sont sortis frustrés par un nouveau renvoi.
Ils forment la troisième et dernière vague des anciens fondeurs à réclamer des indemnités de licenciement à Recylex (nouveau nom de leur ex-maison mère, Metaleurop SA). Parmi ces 192 demandeurs, des retardataires, des salariés protégés, des pré-retaités FNE (fonds national pour l'emploi).
Hier, leur affaire a été renvoyée pour la deuxième fois par le conseil des prud'hommes de Lens. Elle devait être initialement plaidée le 8 mars puis le 20 septembre mais la défense des métallos avait souhaité laisser passer la décision de la cour de cassation. Le 25 septembre, elle a validé l'indemnisation de 460 de leurs collègues du collège industrie. Une décision qui a forcément redonné du grain à moudre à la défense des 192. Mais, ralentie par des problèmes de santé, leur avocate a transmis tardivement ses conclusions aux avocats adverses qui ont déploré les « avoir reçu hier et avant hier, ce n'est pas normal ».
Elle a donc sollicité un renvoi qui a été accordé : rendez-vous le 12 juin. Un renvoi prévisible mais accepté à contrecoeur par les fondeurs : « Le père Noël j'y crois plus », lâche agacé Jean-Pierre craignant un nouveau coup de Trafalgar. « Le dossier sera plaidé ou réinscrit pour une audience, assure la président du conseil. Si c'est plaidé, vous aurez un jugement. »
Une réponse après l'été au plus tôt
À l'extérieur, Albert Lebleu, de l'association Choeurs de fondeurs, a tempéré les attentes des siens. « À l'audience de juin, il y a des chances qu'un juge départiteur (professionnel) soit nommé », comme cela avait été le cas pour les deux vagues précédentes.
Et même si un jugement était rendu, il serait mis en délibéré, puis contesté en appel voire devant la cour de cassation. Le résultat final ne devrait pas être rendu avant plusieurs années (trois ans et demi se sont écoulés entre le jugement des prud'hommes et l'arrêt de la cour de cassation pour les 460 du collège industrie).
« Evidemment qu'on est déçus, vous vous rendez compte, depuis le temps que ça dure », pestait Richard, un de ces préretraités FNE qui a eu l'impression d'être mis de côté à la fermeture de la boîte en 2003. Au moins les issues favorables des autres procès sont un signe que la bataille mérite d'être disputée.

