TILLOY-LEZ-CAMBRAI
Voici près de quarante ans, on évoquait l'implantation d'une usine 3M à Actipôle
dimanche 08.05.2011, 05:09
Les 3M, Minnesota mining and manufacturing company, dans le Cambrésis depuis 1973.Les premières discussions concernant l'implantation, sur le territoire communal, d'une usine 3M (pour Minnesota mining and manufacturing company) entre la société Minnesota France, la chambre de commerce de Cambrai, les services de sous-préfecture et le maire (de l'époque) Jean-Marie Soyez débutèrent à la fin de 1972.
Plusieurs pays européens étaient sur les rangs, mais la France fut choisie. Et parmi les différentes communes de l'Hexagone ayant posé leur candidature, la DATAR préféra retenir Tilloy-lez-Cambrai « sur intervention directe de Jacques Legendre, député ».
Un terrain de 43 ha
Pour cette usine, quarante-trois hectares, dont l'essentiel appartenait à M. Leleu, furent acquis par la chambre de commerce en juillet 1973. Le « prix d'achat d'un hectare est fixé 30 000 F (4 573 E) et une indemnité de 7 000 F (1 067 E) l'hectare est versée à l'occupant, Jean Baillet ». Après l'obtention du permis de construire (22 novembre 1973), onze entreprises furent retenues dont une seule locale (Farasse). Les travaux commencèrent en février 1974. Le chemin n° 404 menant de Tilloy-lez-Cambrai à Sancourt dut même être déplacé. Treize hectares furent nivelés pour y implanter la fabrique de colle industrielle 3M qui « devrait employer de 125 à 300 personnes, au fil des besoins et de la conjoncture ». Les machines devaient « être installées et réglées de décembre 1974 à mars 1975 » et l'usine fonctionner pour Pâques 1975. Il était également prévu l'ouverture « d'un bureau d'embauche à la mairie de Tilloy-lez-Cambrai ».
« Une usine propre »
Dans un article paru en mars 1974, La Voix du Nord assure que « tout a été conçu pour la sécurité et la lutte contre l'incendie. Une réserve d'eau de 5 000 m3 constituée sur le site est rapidement disponible et la société disposera d'un corps de pompiers interne à l'établissement. Cette usine sera une usine propre. En effet, il n'y aura aucune pollution, aucune cheminée la fabrication et le chauffage étant assurés par le gaz de Hollande les seuls rejets étant de la vapeur d'eau ».
Dans son reportage de février 1975, un journaliste de Nord Matin reprit les points forts du discours d'accueil du PDG en France Peter Daos. Celui-ci affirmait être conscient « que nous allons vers un monde chargé de problèmes sociaux explosifs, des problèmes de santé, de transport, de pollution, de sécurité, de conditions de travail et d'habitat. (...) Ces problèmes-là, 3M les a toujours considérés à la fois comme un défi et comme une opportunité. S'il est vrai que les objectifs d'une entreprise sont d'ordre économique, ces derniers doivent répondre avant tout aux besoins des hommes ». Il dit vouloir « tenir compte de ces nouvelles aspirations de l'individu dans le choix de nos priorités et de nos méthodes. Nous devons assurer la qualité de la vie ou des styles (...); ce nouvel humanisme influençant profondément l'attitude du public ». Et de trouver la clef du problème en mettant en exergue les relations humaines et « de très larges possibilités de promotion interne, le développement permanent des connaissances et des talents, l'égalité des chances et l'encouragement à l'initiative, ainsi qu'à la responsabilité et même à la contestation constructive... ».
Pourquoi Tilloy ?
Lui succédant, l'administrateur et directeur technique M. Solas expliqua pourquoi le site de Tilloy-lez-Cambrai avait été retenu : « Nous cherchions, pour une usine de fabrication de colles, mastics et revêtement un emplacement adéquat, sur l'axe Paris - Anvers, avec des liaisons faciles vers les autres pays européens, en dehors de la région parisienne mais néanmoins à distance raisonnable de Paris, en bordure d'autoroute, facilement raccordable au réseau ferré, dans une région accueillante et susceptible de fournir la main-d'oeuvre de différents niveaux dont nous aurons besoin à terme ». Après avoir précisé que « Le pourcentage global des matières premières d'origine françaises utilisées dans l'ensemble de nos fabrications est, cette année, d'environ 67 % », M. Solas termina son allocution en confiant « qu'il reste une partie importante du terrain (...) qui est réservée aux implantations futures ».
Source : Médiathèque de Cambrai « Tilloy-lez-Cambrai, Étude par thèmes de 1880 à nos jours », de M. Lefebvre Nord Matin du 12 février 1975 La Voix du Nord des 13 mars et 4 octobre 1974.


