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Paquet-Hautmont : trop de flou pour les salariés qui se mobilisent

mardi 15.05.2012, 05:01
Paquet-Hautmont : trop de flou pour les salariés qui se mobilisent Le mardi 24 avril, la CGT avait appelé à la mobilisation chez Paquet.

L'usine Paquet d'Hautmont, en redressement judiciaire depuis mai 2011, est entrée dans une semaine décisive. Lundi, le tribunal de commerce de Valenciennes se prononcera sur ce dossier. Aujourd'hui, les salariés se rendront en convoi à la sous-préfecture d'Avesnes-sur-Helpe pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur leur sort, manifester leur impatience et dénoncer un trop plein de flou.

« Vous ne pouvez plus continuer comme ça. Il faut populariser votre action. Il y a des formes d'actions à mettre en place dans l'urgence », avait lancé le mardi 24 avril André Chandelier aux soixante-dix salariés de l'usine Paquet rassemblés devant l'entreprise hautmontoise d'usinage et de construction industrielle. Depuis, le secrétaire de la section CGT métaux de Maubeuge et environs a persévéré dans cette voie, fort de cette certitude. « Ils sont tombés dans le piège qui consiste à dire "ne faites pas de bruit pour préserver l'entreprise". C'est vrai qu'un redressement judiciaire, c'est pas facile. Les clients se méfient, les fournisseurs vous harcèlent et tout le monde se pose des questions. Mais y'a un moment, faut agir », tempête celui qui a participé naguère aux quinze mois d'occupation des Tôles perforées.

Message reçu, et cinq sur cinq visiblement du côté de chez Paquet puisque Sylvain Tilmant, syndicaliste CGT et membre du CE indique qu'un rendez-vous est prévu aujourd'hui à 14 h 30 en sous-préfecture, où les salariés se rendront en une caravane de voitures au départ d'Hautmont à 13 h 30. Il est vrai que la coupe est pleine dans les ateliers de la rue du Clos où l'on dénonce le manque d'information et le flou qui entoure ce dossier. Il est tout aussi patent qu'à écouter les uns et les autres et à recouper les déclarations des autres et des uns, on a plus que l'impression d'assister à une partie de cache-cache à mesure que l'horloge tourne. Un jour des candidats à la reprise sont annoncés, un autre non. Des noms sont avancés, comme celui des Russes d'UVZ qui ont repris Sambre et Meuse en décembre 2010, puis retirés. Une autre fois les repreneurs sont présentés comme de simples demandeurs d'information. Sylvain Tilmant, énervé hier au téléphone : « On est mené par le bout du nez. On a l'impression qu'on ne veut pas donner d'infos pour qu'il n'y ait pas de vrais repreneurs ». Le « on » désignant ici Christophe Desmarez, le dirigeant de Paquet que nous avons pu joindre hier.

Au générique du mauvais film qui se joue en ce moment autour de ce dossier, on trouve encore des « dépeceurs », qu'on ne qualifiera pas pour l'instant de « charognards » puisque Paquet n'est pas encore mort, et qui lorgnent sur les machines de grandes capacités, des grosses aléseuses principalement. « Il n'y en a pas beaucoup comme ça dans le coin », dit Sylvain Tilmant. Et encore un nom, celui d'un ancien dirigeant de l'entreprise. Et un autre, tiré d'une énième source, qui le tient du pôle d'animation économique du bassin Sambre-Avesnois, du ressort de la sous-préfecture : celui d'un industriel du Cambrésis.

Alors ? C'est la loi du genre : on attend que le blessé ait perdu son sang au maximum, et donc de sa valeur, avant de faire des offres de reprises au plus bas. Déjà, la date butoir du 30 avril fixée comme limite aux dépôts de candidatures a été levée. Et à moins d'une semaine du rendez-vous au tribunal de Valenciennes, des possibles repreneurs ont seulement retiré un dossier, sans pour l'instant le retourner. Ce que confirme Christophe Desmarez : « Il y a trois ou quatre candidatures, locales ou régionales, des petites entreprises ». Le PdG, qui ne peut que constater les stratégies déployées, émet une hypothèse, celle d'un report lundi, sursis à une liquidation. Selon lui, Paquet dispose de trésorerie et d'un plan de travail jusque fin mai. Et il se pourrait donc qu'en présence d'offres sérieuses, le tribunal se donne le temps de la réflexion. •

J.-M. BOUTILLIER

La Voix du Nord
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