SALON TISSU PREMIER
L'industrie textile innove pour survivre à la concurrence
vendredi 07.09.2007, 05:52Le salon Tissu Premier, qui vient de se tenir à Lille, a présenté aux professionnels du textile des tissus hydratants, amincissants ou parfumés. Derrière ces trouvailles, certaines entreprises jouent leur survie.
« Face à la concurrence asiatique, notre seule solution, c'est l'innovation. » Yann Balguerie est président de la société Robert Blondel. Cette entreprise de teinturerie a subi la crise de l'industrie textile. « En 2003, nous étions dos au mur, et puis nous avons développé un procédé : les microcapsules. » Quatre ans plus tard, il expose fièrement un polo Damart traité par ses soins : « Le tissu a l'air normal mais il contient des microcapsules hydratantes. » Il promet les mêmes effets qu'une crème, résistant jusqu'à vingt lavages, pour un prix 30 % supérieur à un polo basique. « Les possibilités sont sans limites, imaginez des capsules antimoustiques : on pourrait fournir les pays victimes de paludisme ! » Et ouvrir de nouveaux débouchés, pharmaceutiques, à l'industrie textile.
« Notre coeur de métier c'est le tricotage, mais nous devions trouver d'autres applications », explique Bertrand Avio. Sa société, André Avio, développe, près de Cambrai, des tissus à base de matières naturelles comme le bambou. « Quand on pense tissu, on pense contact avec la peau. D'où l'idée de faire du cosmétique. C'est là que nous cherchons de nouvelles applications à ce que nous savons faire. » L'avance technologique prise par ces entreprises pourrait leur permettre de résister, en se démarquant, à la concurrence étrangère. Mais Bertrand Avio reste prudent : « N'oublions pas d'où nous venons, nous aurons besoin des laboratoires pour aller vers la pharmacie. Mais intellectuellement, nos possibilités sont sans limites. »
