MONDIALISATION
Hénin-Beaumont : des reclassements au Brésil et en Turquie à 300 euros par mois
jeudi 03.04.2008, 18:15
Sept salariés de la teinturerie Staf à Hénin-Beaumont viennent de recevoir des propositions de reclassement au Brésil et en Turquie... aux conditions salariales en vigueur dans ces pays. Voilà qui laisse peu de place au rêve.
A ÉCOUTER : les réactions d'Alain Leclercq, un des salariés concernés, et de Renzo Raggio, le DRH du groupe italien Sinterama, la maison-mère de Staf.
Propos recueillis par Jacques Cointat
C'est le courrier qui fait mal. Un courrier qu'ont reçu samedi sept salariés de la teinturerie Staf à Hénin-Beaumont. En substance, il y est expliqué que la société doit faire face à des difficultés économiques importantes et qu'elle envisage, en conséquence, des suppressions de postes. L'entretien préalable au licenciement est fixé au 15 avril.
Le même jour, les sept salariés ont aussi reçu une proposition de reclassement. Et quelle proposition ! Trois postes de teinturier en Turquie et quatre postes au Brésil. Mais histoire de refroidir ceux qui étaient tentés de rêver, la suite du courrier était moins exotique : « Nous vous précisons que l'acceptation de cette proposition de reclassement entraînerait la modification de votre contrat de travail pour motif économique avec mutation dans le groupe, reprise de votre ancienneté. Par contre, votre salaire serait équivalent à celui des ouvriers occupant le même poste dans chacun des pays concernés. »
Le salaire en question, c'est 315 brut par mois pour le Brésil et 230 brut par mois en Turquie... « C'est inadmissible ! C'est plus qu'une provocation, c'est se moquer de la gueule des gens ! », vitupère Alain Leclercq, un des sept salariés concernés.
En Italie, du côté de la direction des ressources humaines de Sinterama dont dépend Staf, Renzo Raggio explique que son groupe n'a fait que respecter les lois françaises en vigueur en matière de propositions de reclassement.
« Pour sauver les autres postes »
Invoquant des problèmes de réduction des marchés et une société Staf déficitaire, il se doute bien que les sept salariés n'accepteront pas les propositions : « Je le sais bien. C'est quelque chose que je n'aime pas faire mais c'est pour sauvegarder les autres postes de travail. »
Lors de son arrivée à Hénin-Beaumont en 1998, la société Staf devait recevoir une aide à l'implantation du conseil régional s'élevant à 373 500 pour la création de soixante-dix emplois. En 2004, comme l'entreprise ne comptait que trente-quatre salariés, le chiffre avait été revu à la baisse... avec tout de même 170 743 . Une aide qui, alors, n'était pas soumise à garantie. Aujourd'hui, les sept salariés n'attendent plus que leur solde de tout compte. Et a priori, ce ne sera pas pour partir en voyage.


