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Privés de mutuelle, des licenciés de chez Flipo « s'invitent » chez le mandataire judiciaire
samedi 03.12.2011, 05:30
Hier matin, les salariés licenciés n'ont fait ni une, ni deux. Ils sont allés réclamer le maintien de leur mutuelle chez Me Martin.Hier matin, vers 10 heures, une dizaine de salariés licenciés de chez Flipo, militants de la CGT, ont occupé les locaux de Me Martin, mandataire judiciaire à Marcq-en-Baroeul. Leur but : obtenir le versement des deux mois et demi de mutuelle, soit 129 E, dont ils s'estimaient lésés.
« Nous sommes seize dans ce cas, explique une des personnes licenciées, Mariline Henneuse. À notre licenciement, fin mars 2011, nous avions obtenu une prolongation de neuf mois de la mutuelle par salarié, Pour cela, 422,73 E avaient été retirés de notre compte au moment du licenciement. Et à partir du 19 octobre, le versement de la mutuelle n'a plus été pris en compte, Il n'y avait plus d'argent pour cela. »
« Ce vendredi matin, Me Martin n'était, paraît-il, pas dans ses locaux et a donc laissé son personnel gérer la situation », poursuit Samuel Meegens, secrétaire général de l'UL CGT de Tourcoing, qui a rejoint les salariés licenciés à Marcq-en-Baroeul. « Les ex-Flipo, explique-t-il, ont obtenu des informations sur les éléments qui ont créé cette situation et la reconnaissance de leur bon droit ; la promesse qu'un chèque de remboursement, édité par Me Bondroit (il était mandataire au moment du redressement judiciaire, en novembre 2010, tandis que Me Martin est en charge de la liquidation), sera envoyé par la poste dès lundi.
Bien sûr, la CGT reste vigilante et sera sur le pont si nécessaire, dès lundi. Nous avons quitté les lieux à 11 h 30, en assurant les salariées de l'étude de notre disponibilité à leur égard. » Sébastien Lefebvre, contremaître tissage et délégué CFDT chez Jules Flipo, apporte les explications suivantes : « En période d'observation, avec une trésorerie très tendue, la mutuelle n'avait reçu qu'un trimestre de cotisation. Depuis octobre dernier, elle ne remboursait plus. Normalement, la mutuelle n'a pas le droit de cesser ses remboursements. Pour recevoir le solde, elle aurait dû se retourner contre le liquidateur, puisque la société a été liquidée. Elle a préféré cesser les remboursements. Les licenciés avaient payé leur mutuelle à l'avance et tout à coup, plus de remboursements ! »
De la crise à l'espoir de reprise
Comme le rappelle le délégué CFDT, Jules Flipo (tapis et moquettes haut de gamme) a d'abord été placé en redressement judiciaire le 2 décembre 2010.
Puis, après période d'observation, ce fut la reprise d'activité, le 25 octobre 2011, par les groupes Dry Tex One et Chagniot, avec 30 salariés conservés sur 56. L'ancienne société était alors liquidée.
« Après avoir subi la crise de 2008/2009, on commence à avoir une reprise des commandes. Mais il est toujours question de crise. Pourvu qu'elle nous épargne », souhaite Sébastien Lefebvre.

