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Avec l'association Accueil paysan, la campagne ouvre ses portes à tous
samedi 11.08.2007, 05:55Pas forcément besoin de voyager loin pour être dépaysé. Le tourisme solidaire, c'est aussi découvrir les richesses qui sont juste là, à côté de chez soi. Les membres d'Accueil paysan s'y emploient chaque jour.
« Il y a des Néerlandais qui viennent deux ou trois fois par an. Ils sont tombés amoureux de la Flandre. Il y a un professeur de violon qui vient chaque année avec ses élèves. Ils répètent toute la semaine et, à la fin, ils organisent un concert avec parents et voisins. » Ça se passe dans le gîte de Marie-France et Claude Missiaen, à Lederzeele, près de Cassel. Ils l'ont ouvert il y a dix-sept ans. « On en avait marre d'être en salle de traite et on voulait rencontrer des gens. On était contre l'agriculture intensive. On voulait privilégier la qualité à la quantité. »
Un peu dans l'esprit des membres fondateurs d'Accueil paysan dont ils sont membres. L'association est née en 1987 à Grenoble, avec une poignée d'agriculteurs qui refusaient l'agriculture productiviste et le tourisme standard. Elle rassemble aujourd'hui plus de 600 adhérents en France dont une trentaine dans la région (une vingtaine sont en cours d'agrément). Tous vivent en milieu rural, sont agriculteurs ou non, proposent un gîte, une chambre ou une table... « Les membres s'engagent notamment à respecter l'environnement, à être accessibles à tous, à maintenir la vie en milieu rural... », explique Camille De Bruyne, animatrice régionale de l'association. Francine Devulder, qui loue aussi deux gîtes à Lederzeele, a choisi ce label parce qu'elle ne voulait pas que ce soit « simplement une opération commerciale. Ce qui compte avant tout, c'est l'échange ».
Retour à la nature, protection de l'environnement, solidarité. Les valeurs de l'association sont de plus en plus partagées. Et les membres et voyageurs qui choisissent ces structures de plus en plus nombreux. « Nous mettons en avant les produits issus du commerce équitable ou du terroir et nous pratiquons une politique de prix à la portée de toutes les bourses... Nous essayons de sensibiliser les vacanciers à nos valeurs », explique Francine Devulder. Dans son gîte, ce jour-là, séjournent Helen, Gary et leurs trois filles. Pas sûr qu'ils aient choisi Accueil paysan en connaissance de cause... Mais ils apprécient : « Nous aimons la campagne et pouvons revenir au gîte quand nous le souhaitons, contrairement à un hôtel. Et d'ici, nous avons visité Bray-Dunes, le zoo de Fort-Mardyck, Cassel... »
> Lire le premier volet de ce dossier, paru hier dans La Voix du Nord : Ces voyageurs qui s'aventurent sur les chemins du tourisme solidaire
