RESTAURATION
Baisse de la TVA à 5,5 % : les prix ont-ils suivi ?
jeudi 09.07.2009, 04:49Après l'annonce de la baisse de la TVA, en mai, dans la restauration, nous nous étions rendus dans cinq établissements de l'arrondissement pour y relever les prix. Cette baisse est effective depuis le 1er juillet. Qu'en est-il aujourd'hui dans les restaurants visités ?
Des prix barrés sur la carte, de nouveaux ajoutés au crayon : à la brasserie du Leffe, au Touquet, on affiche bien les nouveaux prix, en baisse.
Quelques produits par-ci par-là : du steak tartare (de 19 E à 16,50 E) aux infusions (3,40 E au lieu des 3,90 E pratiqués jusqu'au 1er juillet).
La baisse de la TVA (de 19,6 % à 5,5 %) doit permettre aux restaurateurs de créer de l'emploi, faire des investissements et baisser les prix avec une réduction obligatoire au minimum sur sept produits. Premiers visés : les plats et les softs (boissons non-alcoolisées).
« C'était le premier week-end en vigueur et aucun client ne m'en a parlé », remarque Francis Tartare, à Hesdin. Le restaurateur hesdinois a choisi de laisser ses prix en vigueur.
Au Loft, bar-restaurant touquettois, le patron, Sylvain Feuillatre, visait d'abord la baisse des prix sur la carte puis l'embauche. Il a changé son fusil d'épaule. « On n'a pas baissé les prix (lire ci-dessous). On a choisi de travailler sur une nouvelle carte, plus garnie , justifie-t-il. D'ailleurs, pour nous, les prix à l'achat ne changent pas. » Son deuxième argument pour justifier l'augmentation : des prix relativement bas sur l'ancienne carte. Alors désormais, le gérant promet une embauche, qui se joindra aux dix salariés et qui permettra « d'assurer un meilleur service ».
À l'Esplanade, restaurant berckois, ce ne sera pas une embauche. « Il y a huit jours, il me manquait encore quatre personnes dans l'équipe. J'ai eu du mal à trouver », confie le gérant, Christophe Rochard. Alors ? « On va d'abord penser à réactualiser les salaires et récompenser les salariés. » Et la carte ? Des chutes vertigineuses... sur les produits chers. Le plateau de fruit de mer passe de 88 E à 79 E. « Forcément, sur les grosses sommes, ça se ressent d'autant plus », commente le gérant. Mais il fallait « faire plaisir à tous les portefeuilles » : les moules marinières sont passées de 11,60 E à 10,20 E.
Beaucoup de restaurateurs attendent l'incidence réelle. Jean-Pierre Marx, responsable de salle du Scoop (Touquet), explique : « Dans une addition, 50 % du chiffre d'affaires n'a pas baissé car dans un repas il y a forcément les boissons alcoolisées qui sont restées au même prix. En revanche, toutes les aides ont été supprimées et là, il faudra voir l'influence sur nos marges. » Au Scoop, on préfère attendre « pour aller plus loin dans la démarche avec une baisse encore plus prononcée ou rectifier le tir ».

