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SeaFrance : la signature des accords menacée après un comité d'entreprise houleux
jeudi 24.12.2009, 10:02Le comité d'entreprise (CE) de SeaFrance qui s'est réuni, hier, pour formuler un avis sur les points censés faire l'objet d'un accord définitif, mardi 29 décembre, a rapidement tourné au fiasco. La CGT a refusé de signer l'essentiel du texte soumis aux élus, et la CFDT a voté contre.
Selon un calendrier conjointement fixé, les organisations syndicales et la direction de SeaFance doivent se retrouver le mardi 29, afin de signer les accords définitifs, autorisant la mise en oeuvre du plan de sauvegarde de l'entreprise.
Comment ne pas supposer cependant que l'atmosphère électrique de la réunion du comité d'entreprise, qui s'est tenue hier, n'annonce de nouveau un orage violent entre syndicats et direction de SeaFrance ?
« L'atmosphère a été très mauvaise. Très, très mauvaise » répète Marc Sagot, délégué de la CGT. « Ça a été très virulent par moments ».
Les raisons de cette tension ? « Les accords tels qu'ils nous ont été présentés ce matin ne correspondent pas aux préconisations du rapport de médiation. La CGT l'avait déjà fait observer lors d'une réunion paritaire, mais rien n'a changé ».
Et Marc Sagot de regretter : « Qu'il y ait parfois des coquilles dans les textes, c'est possible. Mais dans le cas présent, ce n'était qu'une succession d'erreurs et de rajouts. Nous n'avons cessé de dénoncer ces anomalies dans les projets d'accord qu'on nous a présentés. C'est incompréhensible. On peut avoir certains doutes sur la sincérité de la direction ».
Les points en question étaient-ils essentiels ? « Ils portent en effet sur des aspects cruciaux. Par exemple, à aucun moment, il n'avait été évoqué la possibilité pour le Rodin ou le Berlioz d'effectuer trois ou quatre voyages, contrairement aux accords qui nous ont été présentés. De même, l'effectif de base du service général, ou la rétrogradation qui impacte 25 à 30 personnes, les modifications des jours de travail qui incluent le dimanche, tout cela n'était pas dans le texte d'origine ».
Dans ces conditions, après s'être abstenue sur les deux premiers points figurant à l'ordre du jour (réorganisation, licenciement collectif, plan de sauvegarde, critères des licenciements, accords des recommandations de la médiation), la CGT a refusé voté les questions relatives à l'armement des navires.
La CFDT, pour sa part, a voté contre les textes présentés. Au nom du syndicat, et même s'il ne siège pas au CE, Didier Cappelle estime que « la direction n'a de cesse de changer les textes que nous avons signés en sous-préfecture ».
La direction de SeaFrance aurait-elle compromis les chances de succès des accords du 29 en soumettant un texte modifié ? « Stratégie ? Mais quelle stratégie ? Y a-t-il seulement une stratégie ? » s'interroge simplement Marc Sagot. « Quoi qu'il en soit, nous demandons aujourd'hui à la direction de réajuster le tir ». Didier Cappelle se contente pour sa part de préciser que, « le 29, nous respecterons ce que nous avons signé en sous-préfecture ».
Une manière d'indiquer que la moindre virgule de travers pourrait être fatale aux accords... Les syndicats se sentent-ils trahis dans cette affaire ? « On se demande où la direction veut vraiment aller » se demande Marc Sagot. « Nous avons pris nos responsabilités en signant la médiation. C'était un choix difficile, qui ne pouvait nous satisfaire, mais nous avons pris en compte les contraintes et nous sommes allés jusqu'où on pouvait aller. Ce qui se passe aujourd'hui est incompréhensible ».
Pourtant, « la direction fait comme si tout allait bien. Pierre Fa a adressé aux salariés un communiqué qui est une véritable provocation (lire ci-contre). Nous attendons pour notre part que la direction revienne avec des accords en bonne et due forme ».

