GUARBECQUE
Guarbecque : le quai fluvial veut monter en charge et atteindre les 100 000 tonnes d'ici 3 ans
vendredi 29.01.2010, 05:03« Mis à l'essai » dès le mois de septembre par une poignée d'entreprises du cru, le quai fluvial espère que la nouvelle année rimera avec accroissement d'activité. Un objectif jugé raisonnable pour le Port de Béthune, gestionnaire du site, qui entend profiter à terme des opportunités offertes par le canal Seine-Nord pour asseoir la notoriété de l'équipement.
En dépit d'un mois de décembre morose sur le plan de l'activité, le quai fluvial aura enregistré un volume de 4 000 tonnes chargées depuis son site entre les mois de septembre et novembre 2009. « Un chiffre encourageant », pour Michel Gérard, de la CCI, qui veille à la promotion et à la gestion du quai guarbecquois.
Pour autant, le professionnel le répète, il est difficile aujourd'hui de quantifier les perspectives d'avenir. « Nous sommes dans une phase de démarrage et il est d'abord important de se faire connaître des chargeurs. Nous serons à Paris, fin mars, au Salon des solutions logistiques pour promouvoir le quai fluvial. Atteindre les 100 000 tonnes d'ici deux à trois ans serait un résultat satisfaisant ».
Reste qu'un chargeur qui a massivement recours à la route pour livrer ou acheminer sa marchandise ne change pas ses habitudes du jour au lendemain. Quelques industriels voisins du site ont eu beau franchir le pas comme Lesaffre ou Ducroquet (lire ci-dessous), de l'aveu du gestionnaire, tout reste à faire pour ancrer durablement le recours au fluvial. Reste que d'autres sociétés, comme Recyco ou Eurovia - qui devrait transférer son unité isberguoise à proximité du quai au 2e trimestre - sont susceptibles d'apporter leur pierre à l'édifice.
Miser sur « Seine-Nord »
« Le quai est orienté trafic conventionnel, poursuit Michel Gérard. Le revêtement, capable de supporter une charge de 6 tonnes au m², permet par exemple de (dé) charger des céréales en grandes quantités mais aussi des combustibles ou encore des matériaux de construction. Nous travaillons pour l'heure à une utilisation du quai par les entreprises implantées dans un rayon de dix kilomètres. L'idée est de leur démontrer que cette plateforme permet de combiner dans leur intérêt les modes de transports routier, ferroviaire, aérien et bien sûr fluvial. Tout ça est complémentaire... » Stable en 2009, le trafic fluvial a réduit de 37 000 t les émissions de CO² à l'échelle de la région. Un chiffre qui traduirait une préoccupation écolo grandissante des chargeurs en même temps qu'un souci de réduire les coûts, notamment dans la perspective de la taxe carbone. « Une péniche chargée à 3300 tonnes équivaut à moins 40 camions sur la route. Forcément, ça fait réfléchir... » Enfin, avec le canal Seine-Nord en 2013, le transport fluvial régional va connaître de nouveaux flux de marchandises en provenance et en direction de l'Île-de-France. Des marchandises actuellement transportées par la route que le quai fluvial espère attirer progressivement dans ses filets.
ARNAUD DÉTHÉE

