TRANSMANCHE
SeaFrance : Benoît Hamon s'engage dans la SCOP et apporte le soutien du Parti socialiste
vendredi 30.12.2011, 05:20
Un geste symbolique, à cinq jours d'une audience décisive devant le tribunal de commerce. PHOTO AFPEn ces temps de fêtes, les salariés de SeaFrance ont pris hier le chèque de Benoît Hamon comme un cadeau du ciel. Le porte-parole du PS a pris deux parts - « à hauteur de cent euros » - dans la SCOP (société coopérative et participative) qui se propose de reprendre la compagnie transmanche. À cinq jours d'une audience décisive devant le tribunal de commerce de Paris, c'est un soutien inestimable.
Ce sont les délégués de la CFDT, syndicat majoritaire et porteur du projet de SCOP, qui ont sollicité le Parti socialiste. Une rencontre toute naturelle, tant le combat pour sauver les emplois de SeaFrance s'inscrit dans l'esprit de la campagne socialiste.
C'est Benoît Hamon, porte-parole du PS, qui s'est intéressé à cette aventure et, après avoir consulté le projet, les statuts et la situation, il a donné son accord : « C'est une démarche individuelle, mais c'est le porte-parole du PS qui la mène. » Et c'est au siège parisien du PS qu'il recevait la délégation. Autant dire qu'il a l'aval de sa direction, donc que le Parti socialiste est derrière le syndicat maritime Nord de la CFDT.
« Pour l'anecdote, je suis le 826e contributeur », dit Benoît Hamon. Mais derrière l'anecdote, il y a évidemment une dimension politique : « On se demande ce que fait l'État, dans cette affaire. La Région et les collectivités locales se sont engagées, droite et gauche confondues, et on sait qu'il coûterait aussi cher - environ 50 millions d'euros - de bâtir un plan social que de monter cette SCOP qui sauvegarderait mille emplois directs et presque autant d'indirects. En clair, si l'État ne rentre pas dans le tour de table, il signe pour la destruction de deux mille emplois. »
Il manque 35 millions
Et justement, à cinq jours d'une dernière audience devant le tribunal de commerce de Paris, qui doit dire si le projet de SCOP est viable ou s'il décide la liquidation, Didier Cappelle, secrétaire général du syndicat maritime Nord, a fait le point sur la solidité du seul projet présenté à ce jour. En gros, sur les 50 millions d'euros nécessaires pour être viable au départ, il en manque toujours à peu près 35. Dit comme ça, c'est un peu brutal, mais c'est bien la situation telle qu'elle se présente aujourd'hui.
Pourtant, Didier Cappelle et ses amis y croient dur comme fer : « Mais ces 50 millions que nous demandons, ce n'est pas l'aumône, c'est une avance. La SCOP, si elle voit le jour, ne partirait pas pauvre : elle serait propriétaire de trois bateaux pour une valeur de 150 millions d'euros. Il suffirait donc d'en vendre ou d'en louer un pour rembourser cette avance. » La situation est grave mais le message clair : « Deux mille familles sans boulot pour commencer 2012, c'est le choix politique qui est réalisé dès lors qu'on n'envisage pas sérieusement de se mettre autour de la table », dit Benoît Hamon.

