SEAFRANCE LIQUIDÉE
Eurotunnel au chevet de la SCOP
mardi 10.01.2012, 05:25
Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, propose de racheter les ferries de SeaFrance. PHOTO J.-P. BRUNET.Hier, Eurotunnel est entré sans crier gare dans le feuilleton mouvementé qui agite SeaFrance. L'exploitant du tunnel sous la Manche a annoncé vouloir se porter acquéreur des navires de la compagnie maritime, pour laquelle le tribunal de commerce de Paris a prononcé la liquidation définitive avec cessation d'activité.
L'annonce d'Eurotunnel pourrait alors relancer la coopérative ouvrière (SCOP) portée par les salariés et la CFDT locale, seul projet en lice pour le sauvetage de SeaFrance, mais jusqu'ici vouée à l'échec en raison d'un manque de financements. La SCOP a besoin d'environ 50 ME pour financer son activité. Aujourd'hui, elle ne compte que 11 ME.
Dans deux lettres adressées aux administrateurs judiciaires, Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, évoquait « le souhait » de son groupe « de se porter acquéreur de tout ou une partie des actifs de SeaFrance en vue de préserver les chances de recréer une activité maritime au départ de Calais ». Eurotunnel envisagerait de racheter des navires, sans doute le Berlioz et le Rodinet le fréteur Nord-Pas-de-Calais, propriété de SeaFrance, dans le cadre d'une société d'économie mixte (SEM) avec la région Nord - Pas-de-Calais ou d'un autre montage.
Cette nouvelle société maritime, qui ne serait pas « une filiale maritime d'Eurotunnel » louerait les ferries à la SCOP, qui en assurerait l'exploitation. Louis Dreyfus Armateurs et DFDS, réunis sous la forme d'un consortium, proposaient cinq millions d'euros pour le Berlioz, le Molière et le Rodin . Une offre qui s'apparente à un bradage quand on sait que la valeur des trois navires est estimée à 150 ME. Eurotunnel est prêt à faire une offre « supérieure » à celle de LDA-DFDS.
Barrer la route à LD Lines et DFDS
Derrière cette volonté de sauvetage des emplois (880 salariés travaillent à SeaFrance) et de maintien du pavillon français, le groupe, qui emploie près de 2 400 salariés au tunnel sous la Manche (dont les deux tiers travaillent à Calais), veut barrer la route à l'armateur français LD Lines et au géant danois DFDS qui ambitionnent depuis longtemps de s'installer sur le transmanche.

