TRANSMANCHE
Deux cents ex-SeaFrance reçus en entretien par LD Lines
samedi 28.01.2012, 05:11
Le département de Seine-Maritime a refusé de prêter le «Côte d'Albâtre» pour que LD Lines l'exploite sur Calais- Douvres.Cette semaine, Louis-Dreyfus Armateurs (LDA) a reçu des salariés licenciés de SeaFrance au Cercle maritime, boulevard des Alliés.
Le groupe, qui convoite depuis longtemps une place sur le Détroit, a aujourd'hui en sa possession près de deux cents candidatures d'ex-SeaFrance. « Nous étudions actuellement les CV de ces personnes qui possèdent des compétences solides en matière de ferries », explique un porte-parole de l'armateur français, qui devrait s'exprimer plus longuement en début de semaine prochaine.
« Projet industriel solide »
Comme nombre de ses anciens collègues, Françoise Monfregola, à l'origine du collectif de non-syndiqués, a rencontré mardi les ressources humaines de l'entreprise. Avant son licenciement, la Calaisienne était commerciale, responsable de la plateforme tourisme à la direction des opérations portuaires (DOP) à SeaFrance. « J'ai espoir que LD Lines et le danois DFDS s'implantent sur la ligne Calais-Douvres. Je crois que leur projet industriel est solide », livre-t-elle, confiante. « Une amie,employée par la compagnie danoise à Dunkerque, m'a assuré que les conditions de travail étaient bonnes. » Le consortium formé par LD Lines et DFDS a pour objectif de lancer une ligne sur Calais - Douvres avec deux navires (Norman Spirit et Côte d'Albâtre) sous pavillon français. Il a entamé des discussions avec les autorités des deux côtés de la Manche, à Calais avec la chambre de commerce et d'industrie, gestionnaire du port. Seulement, un obstacle vient contrarier les plans de LD Lines et DFDS. Le conseil général de Seine-Maritime refuse « dans l'immédiat » de prêter Côte d'Albâtre, ferry dont il est propriétaire dans le cadre d'une délégation de service public (DSP) et qui se trouve en réserve à Dieppe depuis 2010.
Dossier politique
Le président socialiste, Didier Marie, se justifie en expliquant qu'il n'appartenait pas au département « d'interférer en faveur de tel ou tel opérateur ». Il estime aussi qu'il revient au gouvernement « de créer les conditions les plus favorables à cette reprise d'activité ». Ce refus, qui témoigne de l'enjeu politique du dossier SeaFrance, oblige le consortium à réfléchir à d'autres options. « Le Côte d'Albâtre était la solution la plus rapide pour démarrer l'activité sur la ligne Calais-Douvres », justifie le porte-parole de LDA. L'armateur, qui dit vouloir embaucher 300 ex-SeaFrance, envisage de s'installer sur le Détroit en février, au cours de la première quinzaine. ARIANE DELEPIERRE PHOTO GUY DROLLET

