POLÉMIQUE
Eurostar : les arrêts à Lille et Calais-Frethun menacés par la querelle entre Bruxelles et Londres ?
samedi 18.02.2012, 05:29
Le trafic pourrait être réduit de deux tiers à Lille et supprimé à Calais. PHOTO ARCHIVES JEAN-PIERRE BRUNETL'Eurostar s'arrêtera-t-il encore à Lille et à Calais-Frethun, en étau dans le bras de fer opposant les gouvernements belge et britannique ? Le premier est attaché à l'espace Schengen où on n'a pas à montrer ses papiers pour circuler. Le second n'en fait pas partie et voit d'un mauvais oeil qu'un voyageur transitant par le Nord - Pas-de-Calais débarque à Londres avec un simple billet d'Eurostar, sans avoir été contrôlé...
Un conflit de part et d'autre de la Manche qui dure depuis au moins trois mois et qui pourrait ricocher à Lille, où le trafic pourrait être réduit de deux tiers, et Calais où il pourrait être supprimé. Un reportage britannique, fin 2011, a mis le feu aux poudres (lire ci-contre) entre Bruxelles et Londres. « Un reportage biaisé et orienté », assure Arnaud Vanhelle de l'association d'usagers TrainLife. Pour cet habitué du Lille - Bruxelles, « Lille est loin d'être une passoire. On est plus menacés par le manque de trains que par de potentiels fraudeurs ou clandestins ! » Mais le reportage a été diffusé en pleine session du gouvernement britannique sur les questions de sécurité...
Négociations
Hier, en plein sommet franco-britannique à Paris, Europe 1 détaillait une lettre de Guillaume Pépy, patron de la SNCF, alertant le gouvernement français. « C'est la première fois que M. Pépy s'inquiète spontanément pour les dessertes Eurostar de Calais-Frethun », note Catherine Fournier, maire de Frethun, ardente défenseuse de sa gare. Hier, à la SCNF comme chez Eurostar, on se renvoyait la balle estimant que « cela relève des trois gouvernements ». Réponse hier soir au ministère des Transports : « À ce stade, les liaisons Eurostar continuent. Le sujet a été porté au plus haut niveau de l'État (Alain Juppé rencontrait hier son homologue britannique). Une solution devrait être trouvée grâce aux négociations. » La France devrait suggérer des contrôles avant Londres mais après Calais. À moins que, comme le propose la maire Catherine Fournier : « Comme pour Eurotunnel, Calais-Frethun pourrait concentrer les contrôles britanniques et devenir le portail de l'espace Schengen ! » Une autre brèche dans un mur (d'incompréhension) belgo-britannique.

