ON EN PARLE
Implantation d'Arc en Russie cette fois, « pas la première, ni la dernière »
samedi 08.10.2011, 05:27Arc International est désormais présent en Russie, après une prise de participation majoritaire dans l'usine OSZ (notre édition d'hier). Une acquisition dans un pays où le marché des arts de la table est porteur. Elle n'est « ni la première, ni la dernière » rappellent les représentants syndicaux.
Réunis en comité d'entreprise extraordinaire, jeudi, pour la présentation des comptes 2010, les représentants syndicaux se sont vu confirmer la concrétisation du projet en Russie, sans surprise.
« On était déjà au courant », note Joël Deremetz (FO). Le groupe verrier poursuit ainsi la régionalisation de son outil industriel sur les marchés à fort potentiel de croissance, dont la Russie fait partie. « Ce qui nous inquiète, c'est qu'on est là sur une entreprise de mille salariés, aux portes de l'Europe », poursuit Joël Deremetz. Qui redoute que cette usine n'inonde à terme les pays d'Europe de l'est. Et ne nuise au site arquois.
José-Maria Aulotte, directeur de communication, assure qu'il n'y aura pas de répercussion localement, dans la mesure où l'usine russe alimente exclusivement le marché des verres à boire, inatteignable depuis Arques, en raison des coûts.
La nécessité de se positionner sur un marché en pleine expansion ne fait pas de doute pour Pierre Lambin de l'UNSA (les Autonomes) : « Il serait aberrant qu'Arc International ne soit pas présent là-bas ! » Et de rappeler qu'OSZ est un verrier « déjà implanté, avec ses clients, ses marchés. Ce n'est pas du tonnage supplémentaire qui arrive sur le marché mondial ». Dans le meilleur des cas, cela pourrait même dynamiser d'autres gammes de produits. Une réserve toutefois : « S'il y a une augmentation de la capacité de production en Russie, il faudra vérifier que ce n'est pas au détriment d'Arques. » Vincent Fenaert (CFDT) rappelle que le site local dispose de garanties sur le tonnage pour les trois ans à venir : « Ils ont redit qu'ils ne voulaient pas faire mourir le site d'Arques ».
Mais pour Lionel Blot (CFTC) : « Ça continue, c'est toujours pareil (...), malgré les efforts surhumains des cristalliers ». Frédéric Specque (CGT), secrétaire du CE, abonde : « On nous a fait le même coup en 2000 pour la Chine. » Et refuse de boire les paroles de la direction : « Est-ce qu'on peut continuer à cautionner qu'en supprimant des emplois ici, on exploite dans le même temps des gens misérables, pour beaucoup expatriés, comme aux Émirats arabes unis ? » Pour lui, il ne suffit pas de pérenniser l'enseigne, mais d'arrêter la saignée sur le site arquois. « On nous dit que "Produire là où l'on vend, la régionalisation, ne porte pas préjudice à la société d'Arques". C'est faux. Il n'y a plus à le prouver puisqu'ils en ont fait la démonstration en supprimant 6 000 postes en dix ans. (...) Quand on sera arrivé aux 5 750 salariés pour 250 000 tonnes, il y aura d'autres efforts de compétitivité à faire et des réductions de postes. » L'effectif de la maison mère, divisé par deux, revient comme un leitmotiv dans les discours. « Quand l'effectif mondial est resté stable, autour de 11 400 », précise Élisabeth Jacques (CFE-CGC). Pour elle, l'étape russe, n'est que « la poursuite de la régionalisation, quand, nous, on a plutôt tendance à dire qu'il faut continuer le made in France. » Elle rappelle qu'ADF, filiale du groupe jusque-là chargée de la distribution des produits arquois, est toujours en vente. Et s'interroge : « Au final, qui va acheter ce qui est produit à Arques ? » La direction a laissé entendre qu'un comité d'entreprise extraordinaire serait réuni avant la fin de l'année pour « une annonce ». Sans préciser si elle concernerait ou pas un nouvel investissement dans un pays émergent. C'est, pour beaucoup, l'hypothèse la plus probable.

