Emploi
Le plan social d'Arc International devrait être prolongé jusqu'à fin 2012
dimanche 27.11.2011, 05:17
Le plan de sauvegarde de l'emploi est prolongé jusqu'à la fin de l'année 2012 pour éviter de licencier 236 salariés. PHOTO LA VOIXL'information a été divulguée mercredi matin lors d'une réunion du comité de suivi du plan de sauvegarde de l'emploi. Le plan, qui devait s'arrêter à la fin avril, devrait être prolongé jusqu'à la fin de l'année 2012.
Les deux cent trente-six salariés encore en sureffectif fin avril voient le spectre du licenciement s'éloigner un peu. Pour ça, les trois syndicats signataires du plan de sauvegarde et de l'accord de méthode doivent accepter cette proposition. Une réunion de négociation aura lieu le 9 décembre pour une signature prévue le 15 décembre. La négociation portera uniquement sur l'effet « booster » de la prime de départ.
Dominique Bouquet, directeur des ressources humaines, révèle : « On ne va pas lâcher si près du but. Au début du plan, en 2009, nous avions un sureffectif de mille trois cents salariés. Aujourd'hui, nous en sommes à deux cent trente-six. À notre échelle, c'est gérable . » D'où la demande adressée aux actionnaires de prolonger le plan social jusqu'à la fin de l'année 2012.
« Nous avons récupéré des marchés »
Le sureffectif est désormais uniquement présent dans la partie production. En effet, depuis quinze jours, le sureffectif dans tous les autres métiers de l'entreprise est résorbé. « Le plan Ambition n'est pas totalement déployé, il n'a donc pas encore donné tous ses effets », indique Dominique Bouquet. D'où la présence de deux cents intérimaires actuellement dans l'entreprise. « C'est, explique le DRH, le résultat de la mise en oeuvre difficile des 3x8 dans le domaine du décor. Non seulement nous avons les commandes attendues mais, grâce à la réorganisation et à la baisse des coûts qu'elle a engendrée, nous avons récupéré des marchés. » Dominique Bouquet espère que ces deux cent trente-six salariés trouveront des débouchés dans l'une des entreprises qui vont s'installer sur la zone industrielle de Blaringhem. Dominique Bouquet pense à Entyrecycle ou LE Manufacture dont le démarrage a pris du retard. Trop, en tout cas, pour coïncider avec la fin du plan d'Arc International.
Dominique Bouquet va plus loin : « Se résoudre à licencier, alors que nous ne l'avons jamais fait, revenait aussi à fragiliser les trois syndicats (UNSA, CFDT et CFE-CGC) qui avaient joué le jeu et nous accompagnaient dans cette démarche ». D'ailleurs, Élisabeth Jacques ne manquait pas de le rappeler dans sa réaction. « Nous sommes soulagés qu'il n'y ait pas de licenciements. On sentait les salariés inquiets ces derniers temps. » La leader de la CFE-CGC met toutefois en parallèle les « conditions de travail qui sont de plus en plus dures ».
Bémol...
Vincent Fenaert, lui aussi, se félicite qu'on évite les licenciements. Un bémol, cependant : « À partir du 1er janvier, la liste des emplois accessibles au plan de départs volontaires aidés va être restreinte. » Le délégué CFDT redoute qu'elle ne soit pas en adéquation avec la population de l'usine susceptible de partir.
« C'est une bonne nouvelle, estime Martial Hernout, pour l'UNSA (ex-Autonomes). Même si on s'y attendait. Maintenant, il faut que les entreprises qui doivent s'installer à Blaringhem commencent leur recrutement. » Joël Deremetz (FO) ne va pas signer. Il espère que les 180 postes envisagés pour les salariés d'Arc chez Entyrecycle et LE Manufacture vont bien être pourvus en 2012. Le délégué FO met l'accent sur les « trois emplois perdus par jour pendant sept ans à Arc ».
La CGT ne signera pas non plus. Frédéric Specque et Philippe Maes regrettent que « l'argent du plan ne serve pas à régler le problème de la pénibilité et à aider les salariés usés à quitter l'entreprise plutôt que de donner de l'argent et de lâcher de jeunes salariés sans projet vraiment abouti dans la nature ».

