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« L'État ne peut pas ordonner la baisse des prix ! »

mercredi 25.07.2007, 05:52
« L'État ne peut pas ordonner la baisse des prix ! » Noël Amenc, directeur de la recherche à l'EDHEC (Lille-Nice).

Noël Amenc est le directeur de la recherche à l'EDHEC dont l'étude que nous dévoilons aujourd'hui est la première en France à chiffrer les impacts court et long termes du projet de TVA sociale.

- Quels sont les risques du projet gouvernemental ?
- « Avec la TVA sociale, l'État va augmenter la TVA (on ne sait pas encore de combien de points, entre 2 et 5...) mais la question se pose si les entreprises vont bien répercuter dans les prix hors taxe la baisse des cotisations sociales patronales que nous évaluons à 25 milliards d'euros pour un scénario d'une hausse de 3,6 points de TVA, ordre de grandeur moyen du gouvernement. »

- Les prix vont-ils augmenter ?
- « Si on transfère 25 milliards, la baisse des prix hors taxe est de 0,3 % à un an/dix huit mois au lieu de 2,8 % à long terme (cinq ans). Avec la TVA sociale, on baisse le coût du travail (moins de charges patronales) mais il faut que les patrons répercutent sur les prix hors taxes. L'État ne peut pas ordonner aux entreprises de baisser leurs prix ! Si les prix hors taxes ne baissent pas, nous aurons de l'inflation. Une baisse de 0,3 % ne compense pas la hausse des taux de TVA et cela engendre une hausse des prix de détail de 1,2 %. Conséquence ? On va augmenter les salaires pour compenser la hausse des prix dans les rayons de 1,2 % et cela augmentera le coût du travail. À ce stade, le gain de l'opération est nul. Nous entrons dans ce que nous appelons une spirale “prix-salaires” et personne ne sait gérer une telle spirale. »

- Les effets à court terme de la TVA sociale détruisent-ils ceux du long terme ?
- « C'est le risque inflationniste. À long terme, la TVA sociale crée 61 000 emplois, c'est positif mais modéré. Le projet taxe davantage les importations et améliore donc le solde de notre commerce extérieur (- 0,3 % d'importations). Mais attention, une augmentation de la TVA de 3,6 points doit pouvoir équilibrer les comptes publics à cinq ans. mais à court terme, d'ici-là, le taux de TVA ne compensera pas la baisse des recettes liées à la baisse des cotisations sociales patronales. Cela nous donne cinq ans de dégradation des comptes publics, déficit chiffré à 5 milliards. Que dira Bruxelles ? La relance liée à la fiscalité voulue par Nicolas Sarkozy est risquée. » •

Y. B.

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