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Ces voyageurs qui s'aventurent sur les chemins du tourisme solidaire

vendredi 10.08.2007, 05:53
Ces voyageurs qui s'aventurent sur les chemins du tourisme solidaire Comme ici au Mexique, le tourisme équitable tend à se développer.

Vacances. Insouciance. Mais aussi parfois conscience des impacts écologiques et sociaux du tourisme de masse. Le voyage devient alors responsable, voire solidaire ou équitable.

« En partant au Nicaragua, j'avais envie de voyager autrement, d'aller vraiment à la rencontre des gens. » Odette a participé au printemps à un séjour solidaire avec l'association Touscan (Wattrelos). L'une de ses amies, Dominique, l'y a accompagnée. « J'avais l'habitude de voyager par moi-même, de choisir les circuits, les locations. Mais je me rends compte que c'était superficiel. »

Pas de l'humanitaire
Les Français sont peu nombreux à partir en voyage solidaire. Ils étaient 4 000 en 2006 selon l'Association pour le tourisme équitable et solidaire (ATES) qui définit le tourisme équitable par des critères tels que « l'implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique, le respect de la personne, des cultures et de la nature et une répartition plus équitable des ressources générées ».

« Les gens ont beaucoup de sympathie pour ce type de voyages. De là à faire le pas... Mais je sens une évolution positive. De plus en plus, ils veulent être acteurs plus que consommateurs. Ils sont aussi plus écolos », explique Marc Desbuquois de l'association Élans, qui organise des voyages au Cameroun en partenariat avec une structure locale.

Marie Gobaille, de l'association Echoway, qui promeut le tourisme équitable, confirme : « Le commerce équitable a aussi eu un peu de mal à décoller. C'est en train d'émerger. » Il est mal connu pour l'instant. Alors les associations expliquent : « Il y a des préjugés sur le tourisme équitable comme “il n'y a pas de confort, on dort par terre”. Ce n'est pas le cas », souligne Virginie Cigna, d'Enfants Europe Bosnie qui organise des séjours en Bosnie. Pas non plus besoin d'être militant. Il suffit d'être ouvert « On ne travaille pas pendant ses vacances, ce n'est pas de l'humanitaire. » Et pour le prix ? « Il faut comparer un voyage de qualité avec un autre voyage de qualité. Pas avec du low-cost. » Pour Marc Desbuquois, « Ce n'est pas plus cher que l'autre tourisme » Compter entre 1 500 et 1 700 euros (tout compris) pour 15 jours au Nicaragua avec Touscan, 720 euros (hors billet d'avion) pour onze jours de circuit avec Enfants Europe Bosnie.

Les associations sont quasiment les seules à proposer ce type de voyages. Mais les tour-opérateurs s'y mettent doucement, en commençant par le tourisme responsable. •

> Lire aussi demain notre deuxième volet sur le tourisme équitable.

VALÉRIE SAUVAGE

EN CHIFFRES

  • • 1 Chaque année, un milliard de touristes sillonnent le monde. Chacun d'entre eux parcourt en moyenne 1 900 kilomètres.
  • • 2 Selon une étude publiée par TNS - Sofres en mars 2007, 2 % des voyageurs français sont déjà partis en voyage responsable.
  • • 5 Vacances et loisirs sont responsables de 5 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, 10 % en France.
  • • 22,7 En 2005, 22,7 % des Français sont partis en voyage personnel d'au moins une nuit à l'étranger ou en France d'outre-mer.
  • • 68 Selon une étude réalisée par TNS-Sofres pour voyages-sncf.com et intitulée les Français et le tourisme responsable, 68 % des personnes interrogées sont prêtes à compenser l'émission de CO² avec un don de 5 % du prix du voyage.

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