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Mattel rappelle 18 millions de jouets : la Chine montrée du doigt

Publié le 15/08/2007 à 15h21

Lavoixeco - Le célèbre fabriquant de jouets Mattel retire du marché de 18,2 millions de jouets, tous fabriqués en Chine. Ce n'est pas la première fois que des jouets ou accessoires de fabrication choinoise sont retirés du marché pour des raisons de sécurité.

Mattel rappelle 18 millions de jouets : la Chine montrée du doigt
Lavoixeco - Le célèbre fabriquant de jouets Mattel retire du marché de 18,2 millions de jouets, tous fabriqués en Chine. Ce n'est pas la première fois que des jouets ou accessoires de fabrication choinoise sont retirés du marché pour des raisons de sécurité.

Le groupe Mattel, célèbre fabriquant de jouets notamment des poupées Barbie, retire du marché de 18,2 millions de jouets magnétiques, dont 9,5 millions aux Etats-Unis. Cette décision volontaire concerne « certaines poupées, personnages, kits de jouets et accessoires dont des aimants petits et puissants pourraient se détacher », a précisé Mattel dans un communiqué.

Parmi ces jouets, figurent 7,3 millions d'exemplaires de poupées Polly Pocket, Barbie et Batman. Polly Pocket n'en est pas à sa première mésaventure. Mattel en avait déjà rappelées 4,4 millions en novembre 2006, après avoir reçu 170 courriers faisant état de problèmes liés aux aimants qui se détachaient. Depuis novembre 2006, le géant américain Mattel a reçu plus de 400 nouveaux courriers les concernant, selon la Commission américaine de protection des consommateurs (CSPC), ce qui justifie une « extension » du retrait initial. « Il y a 72 articles que nous avons produits entre 2002 et janvier 2007 qui sont rappelés », a expliqué mardi Robert A. Eckert, le PDG de Mattel, sur la chaîne américaine MSNBC. « Nous avons décidé que c'était dans l'intérêt du consommateur » de rappeler tous ces jouets, a ajouté M. Eckert. « En fait, ces petits aimants très puissants deviennent un sérieux problème lorsqu'ils sont ingérés par les enfants », a-t-il dit.
Trois enfants ont dû être opérés à cause d'une perforation aux intestins après avoir ingéré plusieurs de ces petits aimants, précisent, dans un communiqué commun, Mattel et la CPSC.
Le PDG de Mattel a indiqué que « dans le cas des problèmes liés aux aimants, il ne s'agit pas d'un problème de fabrication, mais ce sont les normes qui ont changé et nous devons appliquer les normes à des jouets conçus il y a plusieurs années ».

Mattel rappelle en outre 436 000 exemplaires d'une petite jeep à l'effigie du film « Cars » parce qu'elle contient de la peinture au plomb, très toxique. Début août, un million de jouets de marque « Fisher-Price » (groupe Mattel), à l'effigie de l'exploratrice Dora ou des personnages de « 1, rue Sésame » avaient été rappelés pour la même raison.

Des images ternies, pour Mattel et pour la Chine
Ce vaste retrait est un nouveau revers pour le plus gros fabricant de jouets du monde en terme de chiffres d'affaires. Pour tenter de contrer les effets négatifs sur son image, Mattel a lancé hier une campagne d'envergure basée sur l'importance de la sécurité. « Parce que vos enfants sont aussi nos enfants », proclament les encarts publicitaires publiés dans la presse américaine, « rien n'est plus important que la sécurité ».
Du côté de la Chine, les distributeurs craignent que les consommateurs ne se détournent de leur commerce. Alors que 80% des jouets vendus dans le monde sont fabriqués en Chine, c'est un nouveau coup dur porté à la réputation de ses produits, après le retrait de pneus défectueux,d'aliments contaminés pour animaux domestiques ou de dentifrice contenant de l'antigel (voir encadré).
Pékin a réagit officiellement ce matin, en assurant que « la vaste majorité » de ses exportations vers les Etats-Unis étaient « aux normes américaines » et indiqué qu'elle ouvrait une enquête. L'Administration chinoise de contrôle qualité indique aussi qu'elle « porte une grande attention » au rappel de jouets annoncé par Mattel mardi, et affirme être en contact à ce sujet avec la Commission américaine de protection des consommateurs.

La législation européenne
Dans l'Union européenne, pour éviter que des produits dangereux n'arrivent dans la bouche des enfants, une législation harmonise les normes de sécurité des jouets et impose une série d'obligations aux Etats membres. Une directive de 1988 établit notamment des exigences de sécurité concernant les « propriétés physiques et mécaniques » que les jouets doivent posséder. Des limites précises sont également imposées quant à leurs caractéristiques chimiques, y compris l'inflammabilité des matériaux utilisés. Si le jouet est fabriqué selon les normes des organismes européens, il porte la marque « CE » de conformité. Les fabricants doivent garantir que le produit a été conçu et fabriqué en respectant les exigences de la directive, tandis que les Etats membres sont tenus d'effectuer des contrôles des jouets mis en vente sur leur territoire.

Dans le cas d'un danger sérieux et immédiat, la Commission a mis en place un système d'alerte rapide (RAPEX) qui permet aux autorités nationales compétentes de lui signaler les produits dangereux. La Commission alerte à son tour les autres Etats pour qu'ils prennent les mesures préventives nécessaires.
En 2006, les jouets sont arrivés en tête des produits de grande consommation signalés comme dangereux à la Commission (24%). Dans la moitié des cas, ils étaient composés de petites pièces dangereuses. Quelque 85% de ces jouets signalés étaient d'origine chinoise.
Ce système a notamment permis d'écarter des nounours finlandais aux yeux trop amovibles ou des canards en plastique de composition toxique.

La Voix Éco