INNOVATION
Les automates à frites vont-ils mettre le feu aux baraques ?
dimanche 16.09.2007, 05:51Aujourd'hui, grâce à Dany Boon, nul n'ignore l'existence des baraques à frites dans le Nord. Mais, à Valenciennes et à Cambrai, un nouvel automate pourrait bien y mettre son grain de sel... Pile pendant les Journées du patrimoine !
Pour 2 E, elle frit 150 g de pommes allumettes en moins de deux minutes. La « bête » (320 kg pour 1,80 m) a été vue à Cambrai (pendant la foire) et à Valenciennes, où elle s'est implantée en centre-ville. Elle fonctionne grâce à la convergence de différentes techniques : celle du froid (les frites sont stockées surgelées) ; la maîtrise des températures (l'huile chauffe en continu et ne doit jamais dépasser 180 °C) ; l'informatique (pour permettre au dépositaire de surveiller ses stocks) ; et l'électromécanique (qui pèse la portion, l'introduit dans la friteuse, l'expulse dans une barquette). Au final, les frites sont semblables à celles vendues dans la restauration rapide, en un peu moins grasses puisqu'elles sont égouttées par rotation.
18 900 euros pièce
« Ces automates, conçus et fabriqués en Espagne, sont déjà implantés en Australie et en Angleterre, explique Laurent Tercero, PDG de la société Prolave, qui jusque-là se concentrait sur les stations de lavage. En France, une chaîne de stations-service en a acquis plusieurs. Le marché est en plein développement et pourrait surtout intéresser les entreprises qui n'ont pas de cantine. » Sylvie Démaret (SARL SDA, à Anzin) en est devenue la distributrice pour le Nord et les vend 18 900 E pièce.
Parallèlement, Laurent Tercero veut créer une plateforme de réinsertion, via le Département, pour former les jeunes au vending , ce nouveau métier de vente. Il mise aussi sur l'automate d'intérieur (8 900 E) qui permettra aux commerçants de frire des aliments frais (frites, calamars, beignets) en toute impunité : « On ne met pas en danger l'avenir des baraques à frites. Au contraire, on va leur permettre d'être en conformité avec les normes européennes sans devoir faire poser d'extracteur de fumée, certifie le PDG, dont le petit doigt annonce un durcissement de la législation d'ici à 2008. Quant aux automates, il faut qu'ils voient ça comme un plus. Même fermés, ils continueront à servir leurs clients. » Mais ces derniers devront oublier le papier gras et les frites « cadeau ». Vous savez ? Celles qui débordent des barquettes non standardisées...
