Près de Lens, SAV souffre de la grève à la SNCF
mercredi 21.11.2007, 05:52Les usagers de la SNCF ne sont pas les seuls à pâtir du mouvement des cheminots. À Mazingarbe, près de Lens, la Société artésienne de vinyle (SAV) est contrainte depuis vendredi de réduire sa production en raison de retards dans l'acheminement de sa matière première. Toutefois, un épisode plus grave a été évité hier : l'arrêt total des machines.
> Le contexte. -
L'entreprise de chimie fabrique du PVC à partir du chlorure de vinyle, matière première acheminée par voie ferrée du lundi au vendredi. « La semaine, il faut également qu'on anticipe l'approvisionnement du week-end pour pouvoir fonctionner sans difficultés sept jours sur sept, explique Pascal Monbailly, directeur de l'usine où travaillent 150 personnes. Notre sphère nous permet de stocker deux à trois jours de produits. Problème, depuis la grève, on se bat pour acheminer nos trains qui viennent de Belgique. »
> La tuile. - Vendredi, l'usine n'a pas reçu le train de marchandises escompté. « Nous avons donc dû réduire la production quotidienne, elle est passée de 800 à 600 tonnes. » La crainte de Pascal Monbailly, si l'épisode s'était répété, est l'arrêt total des machines. « Sans matière première, nous serions obligés d'arrêter. Mettre en sécurité les installations peut prendre deux jours, autant qu'une remise en route », appréhendait le patron du site classé Seveso.
> L'éclaircie. - Hier et lundi, les trains n'ont pas fait faux bond à Pascal Monbailly. « Ils sont moins complets que d'habitude mais ils sont arrivés », soufflait l'homme. Insuffisant toutefois pour rétablir une cadence normale de la production.
> L'impact. - Rien que pour ce week-end, le directeur évalue le préjudice à 500 000 euros. « Et si nous avions dû tout stopper, cela aurait représenté 650 000 euros de perte par jour ! » D'après lui, la pérennité du site n'est pas en jeu, le groupe ayant les reins assez solides « pour supporter ce genre de choses plusieurs jours ». Mais dans l'hypothèse d'un mouvement qui s'éternise, d'absence d'approvisionnement et de mise à l'arrêt des installations, « des mesures de chômage technique ne sont pas à exclure ». Elles ne sont plus d'actualité depuis hier. En revanche, la « chasse au train tous les matins » se poursuit aujourd'hui.
