Il dit être le seul à faire ça en Europe. Adrien Gontier, un passionné de cyclisme de 22 ans, crée des roues de vélo qu'il vend à l'étranger par le biais de l'Internet.
Les jantes arrivent des États-Unis, les moyeux d'Allemagne, les rayons de Suisse. Le tout est assemblé dans... la chambre d'Adrien Gontier, à Ferrière-la-Grande, près de Maubeuge. C'est il y a trois ans, en rejoignant le club cycliste de l'Entente sportive de Douai, qu'il a commencé à regarder de plus près les roues de vélo, au point de créer un site Internet destiné aux passionnés. De là a germé l'idée de proposer à la vente des roues artisanales et personnalisées. Entre-temps, le jeune homme a décroché une licence technico-commerciale (CESI) à l'université de Valenciennes, puis rejoint une couveuse d'entreprises à Maubeuge, histoire d'apprendre les bases en matière de gestion.
Adrien Gontier n'achète que « des matériaux hyper pointus très résistants et légers ». Même que certains, dit-il, sont utilisés « sur les drones américains » ! Créer une paire de roues peut lui prendre une journée complète, le plus long n'étant pas l'assemblage mais les réglages techniques pour adapter les roues aux vélos des clients. Lesquels choisissent le moyeu, les rayons, les jantes, et indiquent à Adrien Gontier leur poids, leur niveau sportif et leur budget. Lui s'occupe du reste.
S'il espère ouvrir un atelier en janvier, Adrien Gontier a commencé à vendre ses roues sur l'Internet grâce à son site qui, bien plus qu'une boutique en ligne, est un véritable magazine spécialisé - Adrien Gontier est aussi pigiste pour le mensuel « L'Acheteur cycliste » - très prisé des internautes : entre 2 000 et 4 000 visiteurs uniques chaque jour. Et grâce à la version anglaise, il capte un grand nombre d'internautes américains, allemands, italiens voire japonais.
En trois mois d'activité, il a vendu plus d'une soixantaine de roues, dont le prix varie entre 600 et 1 200 euros la paire. La moitié de ses clients sont étrangers : des Belges, bien sûr, mais aussi des Anglais, Allemands, Italiens, Suisses. Adrien Gontier a même expédié une paire de roues en Grèce : difficile de vendre plus loin en raison des frais de port. C'est pour cette raison qu'il a récemment renoncé à honorer une commande venue... d'Australie.