COMMERCE
« Une banane d'une qualité exemplaire »
mardi 08.04.2008, 05:33Cultiver la banane autrement : voilà la démarche initiée par les planteurs de Martinique depuis le passage du cyclone Dean aux Antilles.
Sur les 7 000 hectares de bananeraies que l'île totalise (1), environ 40 % a été mis en jachère. L'intérêt ? « On laisse reposer le sol pendant au moins douze mois pour le reconstituer. Ainsi, en l'absence de culture sur les parcelles, les parasites, comme les charançons, finissent par disparaître. Au final, on obtient une terre saine, ce qui nous évite d'utiliser des produits phytosanitaires », répond Jean-Yves Paviot, propriétaire d'une petite bananeraie de 10 hectares à François.
La suite ? Une fois les sols assainis, le producteur y introduit des vitro plants, un végétal exempte de parasites qui garantit une banane « propre ». « Cette démarche, on y pensait déjà avant le cyclone, mais celui-ci n'a fait que précipiter les choses », confie Jean-Yves Paviot.
Le soutien du ministère
De son côté, Yves Jégo, le nouveau secrétaire d'État d'Outre-mer, recevra ce soir une délégation de l'Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBGM). « Je vais me mobiliser rapidement pour les aider », affirmait-il hier soir, tout en saluant « leur comportement exemplaire et leur vive capacité à réagir » après le cyclone.
Et de poursuivre : « Nous avons une banane française qui revit et qui est exceptionnelle par sa qualité. Pour aider ces producteurs à communiquer sur celle-ci, je vais demander à dix grands cuisiniers français de préparer des recettes à partir de ces bananes. » Un beau coup de pub en effet...
1. - Un bananier n'est pas un arbre mais une plante géante, dont les variétés cultivées peuvent atteindre 5 mètres.


