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INQUIÉTUDE

Les « petits » pôles de compétitivité sous la menace d'une « délabellisation »

jeudi 19.06.2008, 04:53

Coup de tonnerre dans le ciel des pôles de compétitivité. Un audit commandé par le gouvernement aux cabinets Boston Consulting Group et CM International propose de « reconfigurer en profondeur » 13 des 71 pôles français labellisés en 2005. Dans notre région, les pôles Matériaux à usage domestique et Filière produits aquatiques sont menacés.

« Trente-neuf pôles ont atteint les objectifs de la politique des pôles de compétitivité. Dix-neuf ont atteint partiellement les objectifs. Treize pôles pourraient tirer parti d'une reconfiguration en profondeur. » En termes laconiques, le rapport remis hier au gouvernement semble dresser la liste des « bons » et « mauvais » élèves parmi les pôles de compétitivité.

Créés en juillet 2005, ils ont pour objectif de faire travailler ensemble entreprises, laboratoires de recherche et universités pour faire émerger une véritable économie de l'innovation en région.

Le gouvernement a labellisé 71 pôles (six en Nord - Pas-de-Calais) et s'était engagé à leur consacrer 500 millions d'euros par an de 2006 à 2008.

Aujourd'hui vient l'heure de la pérennisation du système.

Et dans notre région deux « petits » pôles semblent menacés de « délabellisation ».

Sujet sensible

Basé à Boulogne-sur-Mer, le pôle Filière produits aquatiques est le seul pôle de valorisation des produits aquatiques (pêche et élevage).

C'est aussi le plus ancien puisqu'il a démarré en 1999, avec l'objectif de rapprocher la filière pêche (20 000 salariés) et le monde de la recherche. Un objectif difficile dans un secteur très atomisé.

L'autre pôle, MAUD, le plus petit de la région, est celui consacré aux matériaux à usages domestiques. Né dans l'Audomarois autour des géants Arc et Roquette, il vise à faire émerger les projets innovants autour des arts de la table. Son budget est de 700 000 euros. Une paille à côté des 100 millions du pôle I-Trans (transports innovants), des 91 millions du pôle Up-tex (textiles innovants), ou 40 millions du pôle Nutrition-santé.

Est-ce pour cette raison qu'il pourrait disparaître ? Son directeur, Olivier Varlet, se refuse à apporter un commentaire dans l'attente de l'arbitrage de Matignon, à l'issue d'un comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des territoires, non encore fixé. Le sujet est sensible, les collectivités locales étant très attachées à la logique d'aménagement du territoire des pôles. •

JEAN-MARC PETIT

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