Ravitailleurs américains : Sarkozy dénonce les méthodes du Pentagone
vendredi 12.03.2010, 16:15
Lappel doffres pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs à larmée américaine était évalué à 35 milliards de dollars. PHOTO AFPLe président français Nicolas Sarkozy a dénoncé vendredi la manière dont a été géré l'appel d'offres sur des avions ravitailleurs de l'armée américaine, dont l'européen EADS a dû se retirer. La perte du contrat jette un froid sur les relations économiques entre la France et les Etats-Unis.
« J'avoue que je n'ai pas apprécié cette décision », a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse, pendant une brève visite à Londres. « Ce ne sont pas des méthodes. Ce sont des méthodes qui ne sont pas bonnes pour les partenaires des Etats-Unis et pour les Etats-Unis (...) une grande nation avec laquelle nous sommes proches et amis ».
L'appel d'offres pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs à l'armée américaine, évalué à 35 milliards de dollars, avait été attribué une première fois à Boeing en 2003, puis une deuxième fois à Airbus (EADS) et Northrop Grumman en 2008, et à chaque fois annulé.
Airbus a dû renoncer à participer à l'appel d'offres après le retrait de son allié américain Northrop Grumman. Ce retrait laisse l'Américain Boeing seul en course pour ce contrat.
Déception partagée
« Ce contrat a fait l'objet d'un appel d'offres et a été gagné par une société européenne associée à une américaine, et l'appel d'offres a été cassé, et un nouveau cahier des charges a été posé sur la table. Et aujourd'hui, j'apprends que le partenaire américain d'EADS doit se retirer de la compétition », a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre britannique Gordon Brown.
« Moi aussi je suis déçu par la décision américaine », a déclaré M. Brown.
Le gouvernement français avait déjà averti que le retrait d'EADS de l'appel d'offres américain aurait « des conséquences », et serait évoqué par Nicolas Sarkozy avec son homologue américain Barack Obama. Le président français sera en effet le 30 mars aux Etats-Unis pour une visite officielle.
Le Premier ministre français François Fillon avait lui accusé le gouvernement américain de « manquement grave » aux règles de la concurrence.
De son côté, la Commission européenne avait jugé mardi « hautement regrettable » le retrait d'EADS.


