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Les « gaufrettes amusantes » d'Eugène Blond croustillent toujours !

Publié le 10/08/2012 à 05h02

Lavoixeco - PAR YANNICK BOUCHER economie@lavoixdunord.fr PHOTOS PATRICK JAMES Et encore un souvenir d'enfance ! Après Carambar et les Nounours en chocolat-guimauve, voici la gaufrette vanillée au goût incomparable et authentique de biscuit fourré, croquant mais jamais cassant.

Les « gaufrettes amusantes » d'Eugène Blond croustillent toujours !
Lavoixeco - PAR YANNICK BOUCHER economie@lavoixdunord.fr PHOTOS PATRICK JAMES Et encore un souvenir d'enfance ! Après Carambar et les Nounours en chocolat-guimauve, voici la gaufrette vanillée au goût incomparable et authentique de biscuit fourré, croquant mais jamais cassant.
On la doit, cette gaufrette, à Eugène Blond, fils d'une famille de pâtissiers à Saint-André, près de Lille. La boutique est ouverte en 1894 pour fabriquer des casse-croûte nappés de chocolat pour le goûter des enfants, sans oublier les gaufres fourrées si plaisantes en terres de Flandres. C'est comme ça, à l'époque, on offrait des gaufres à ses voisins en fin d'année dans le Nord et le Pas-de-Calais.

L'idée de génie

La gaufre c'est bon mais la gaufrette, c'est mieux ! Eugène Blond a de l'intuition pour ce produit plus fin, plus raffiné et finalement très à la mode en cette fin de siècle. Avec l'idée de génie, qui lui assurera la postérité, d'inscrire sur la surface de la gaufrette un petit message humoristique. La gaufrette s'autoproclame « amusante » et devient la marque de fabrique d'Eugène Blond, qui ne lésine pas sur les moyens. Il faut concevoir un four spécial, qui sera fabriqué à Paris, un four toujours là, dans l'usine.

Après Eugène, son fils Pierre et son petit-fils Didier assurent l'essentiel jusqu'en 1995. Comme Carambar et les Nounours, l'irruption de la grande distribution et ses rouleaux compresseurs consuméristes entraîneront l'industrialisation de la fabrication de biscuits. La petite biscuiterie familiale est incapable de concurrencer les géants de l'agroalimentaire qui envahissent les rayons hypermarchands. Diable ! L'« amusante » est brutalement ringardisée par les Choco BN, les Petit Lu et autres Granola.

Et là encore, l'attrait marketing de la tradition et de l'authenticité, sauve la mise en 1998. Vincent Duprez, qui dirige le Comptoir des Flandres à Lambersart, reprend la biscuiterie et poursuit ainsi son épopée (il réhabilite des marques mythiques de notre région). En 2000, les gaufrettes d'Eugène Blong sont arrimées à la Biscuiterie Dunkerquoise, autre vénérable institution, installée à Bergues depuis 1904.

Où est Josette ?

C'est un nouveau souffle, un rebond en tout cas. On va chercher Josette, vedette de la gaufrette. La plus ancienne employée de la biscuiterie a en tête tous les secrets de fabrication et on l'accueille comme une star à chaque passage dans l'usine du Comptoir des Flandres à Lambersart. La réhabilitation de la marque est en marche et c'est un succès. La magie opère de nouveau car l'histoire de la marque elle-même est respectée scrupuleusement par le nouveau dirigeant. On supprimera bien quelques aphorismes comme « Bonne femme, bon logis » ou « Vive le tabac », remplacé par « Vive le bac ». Pour le reste, la gaufrette fait de la résistance dans le monde des cookies. La bonne gaufrette est celle que l'on peut casser en deux avec les doigts sans faire de miettes. Essayez donc avec Eugène !

La Voix Éco