RECHERCHE
La nanotechnologie de l'IEMN au bon souvenir de Nicolas Sarkozy
mardi 26.02.2008, 05:55Réaffirmer sa présence à Villeneuve-d'Ascq pour ne pas être oublié par Paris : les dirigeants de l'Institut d'électronique et de microélectronique du Nord (IEMN) sont montés au front avec la Région pour exister dans le projet très élyséen de nouveau pôle national des nanotechnologies.
« J'attire avec force votre attention pour que la réflexion n'induise pas de fait une disqualification du site de Lille, ce qui aurait une répercussion désastreuse sur la dynamique régionale actuelle... » Signé Jack Lang, vice-président du conseil régional, dans une lettre adressée le 15 janvier au chef de l'État. Qui répond le 30 janvier, rassurant, « qu'il ne saurait être question d'écarter les compétences des responsables de l'IEMN ». Ouf !
L'âge de réseau
L'affaire est sérieuse. Les nanotechnologies concernent les recherches sur les matériaux, substances ou composés infiniment petits (un nanomètre = un millionième de millimètre). L'Élysée est intervenu directement, sans détour par les ministères, pour en faire une priorité nationale avec un regroupement de moyens et de compétences. Pour les structurer, les services présidentiels ont imaginé la constitution d'un pôle national des nanotechnologies devant notamment permettre aux grands fleurons tricolores de se positionner dans la compétition microélectronique mondiale.
Le 12 décembre, une lettre de mission est envoyée à Dominique Vernay, directeur de Thalès, Jean Therme, directeur technique au Commissariat à l'énergie atomique, et surtout Alain Costes, ancien emblématique directeur de la technologie au ministère de la recherche. Trois grands pôles d'appui sont identifiés avec Paris-Sud, Toulouse et Grenoble, les deux autres pôles d'envergure nationale passent à la trappe, soit Besançon et surtout Lille.
Levier de boucliers ! La métropole compte plus de sept cents chercheurs sur ces expertises avec l'IEMN soutenu par l'IRCICA et l'INRIA à Villeneuve-d'Ascq. « Je discute souvent avec Alain Costes qui connaît nos capacités de recherche mais aussi nos faiblesses en applications industrielles », observe Alain Cappy, directeur de l'IEMN... Lille sera donc associé à Paris dans ce projet très flou, bâti de rumeurs, sans nom (« Nano Innov » ?) ni budget (« des milliards d'euros »). Les trois missionnés rendront leur rapport fin mars. Lille reste vigilant pour faire prévaloir les droits de son développement dans la nouvelle révolution nano-industrielle.
