COMMERCE
Au rayon qualité et proximité, l'épicier répond présent
mardi 01.04.2008, 05:29Ils étaient 125 000 en 1970. Il en reste le quart aujourd'hui. Les épiciers de France, en congrès à Lille, reprennent toutefois confiance en leur avenir. L'émergence du bio et le développement des supérettes de quartier leur redonnent des couleurs.
Son ancêtre s'appelait apothicaire. On y trouvait aussi bien du pain, des conserves que du tissu, des clous ou de l'aspirine. Aujourd'hui, le monde de l'épicerie s'est modernisé et surtout diversifié. Outre les commerces d'alimentation générale de moins de 400 m², l'épicerie en France (près de 37 000 commerces pour 73 000 salariés) comprend également aujourd'hui les cavistes indépendants et surtout les spécialistes des produits bio, un nouvel univers dynamique qui connaît des progressions de chiffre d'affaires de plus de 10 % chaque année.
« Dans les années 70, on recensait 125 000 épiciers purs en France, explique Claude Boisseau, président de la Fédération nationale de l'épicerie (FNDE). Aujourd'hui, il n'en reste que le quart, même si leur nombre augmente à nouveau depuis 2002. Bon nombre d'épiciers n'ont pas vu arriver le tsunami de la grande distribution et les nouveaux modes de consommation. Ceux qui ont survécu sont ceux qui ont réussi à accompagner les clients dans leurs attentes ».
Aujourd'hui, 70 % des consommateurs achètent leurs produits alimentaires en grandes surfaces (168,2 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2006 du marché de l'alimentaire, contre 15,9 milliards pour les petites surfaces d'alimentation générale). Il n'y a pas photo, mais les épiciers jouent sur un autre registre.
« Notre force : la proximité, le service et la qualité », estime Philippe Pilliot, secrétaire général de la FNDE. Le spectaculaire développement du marché du bio est là pour le prouver. Les grands distributeurs ont aussi compris l'intérêt de revenir au plus près des gens. D'où l'émergence des 8 à 8, Marché Plus et autres Proxi qui viennent regonfler les chiffres de l'épicerie.
« Nous revenons également en monde rural et périurbain avec la propre enseigne de la fédération, L'épicerie Service. Nous mettons aussi en place des formations, indispensables pour suivre l'évolution de la profession », explique Claude Boisseau. Une profession qui regarde toutefois avec inquiétude les nouvelles réglementations en cours sur l'urbanisme commercial, l'ouverture dominicale et la libéralisation des négociations entre fournisseurs et distributeurs. Le combat est loin d'être terminé.
