TRANSPORTS
Face à la crise pétrolière, la batellerie fait entendre sa « voie »
mardi 24.06.2008, 05:04Face à l'augmentation du prix du gasoil, on a beaucoup entendu les routiers, les marins pêcheurs ou les agriculteurs. Plus discrets, les transporteurs fluviaux sont aussi concernés.
« Nous serons toujours une alternative ! » Marc Debeer est correspondant coordinateur à Lille du magazine Bord-à-bord, site Internet destiné aux bateliers.
Au moment où le « tout routier » montre ses limites, le transport fluvial veut en effet faire connaître ses atouts.
« Une péniche de 38 mètres de long transporte l'équivalent de dix semi-remorques, avec 40 % de pollution en moins. En plus, il n'y a quasiment jamais d'accident ni de retard. » Après avoir traversé un quart de siècle de crise, la batellerie, ses 1 400 bateaux en France (dont près de 400 dans notre région) faisant vivre près de 3 500 personnes, enregistre une croissance de 30 % de son activité depuis dix ans. L'an passé, ce sont 48 millions de tonnes de fret qui ont été transportées par voie d'eau en France et en 2008, on s'attend à une augmentation de 20 %.
Mais avec un baril à presque 140 dollars, la batellerie est elle aussi touchée par la crise pétrolière. « En juin 2003, le gasoil était à 174 euros la tonne. Aujour-d'hui il atteint les 810 euros », explique Marc Debeer.
Trouver des jeunes
« Ça cristallise toutes les questions, estime Stéphane Lhopital du bateau Cosma, amarré à Lambersart. Quarante pour cent de notre chiffre d'affaires passe dans le fuel et les produits lubrifiants. Certes, il existe un dispositif de répercussion des variations du prix du carburant sur le prix d'une opération de transport fluvial de marchandise. Mais encore trop peu de courtiers et de clients de la voie d'eau acceptent d'indexer au pourcentage réel de prix du fret. Les bateliers doivent finalement se plier aux exigences du marché pour la survie de leur entreprise. » À cela s'ajoute la réticence des banques à accorder des prêts aux jeunes bateliers qui veulent s'équiper.
« Notre vrai problème aujourd'hui est de trouver des jeunes qui veulent se lancer dans le métier, estime Marc Debeer. Près de quatre cents mariniers vont partir en retraite dans les cinq ans, et nous sommes confrontés à une pénurie de personnel navigant qualifié. Il faudrait accroître les aides pour permettre aux jeunes de se lancer et s'équiper avec du matériel plus performant. » Ce mode de transport, respectueux de l'environnement, intéresse visiblement les pouvoirs publics. Raison de plus pour le faire vivre.


