DÉPLACEMENTS
Les trajets domicile - travail ont tendance à s'allonger dans la région
samedi 12.07.2008, 05:48Immobilier trop cher ou simple envie de vivre à la campagne, selon une enquête de l'INSEE, les Nordistes habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail. Une tendance que la hausse des prix de l'essence pourrait bien enrayer.
Coup d'accélérateur. En 1999, 8 % des trajets entre le domicile et le lieu de travail dépassaient les 30 kilomètres. En 2005, ils représentaient 12 %. En parallèle, les petits déplacements (moins de 5 km) perdent du terrain et passent de 48 % en 1999 à 40 % en 2005. Les parcours domicile - travail durent donc plus longtemps : dans la région, plus d'un quart d'entre eux dépasse les 30 minutes et un sur dix les 50 minutes.
Lille et Valenciennes
Lille est la zone la plus attractive. Plus d'un emploi sur trois y est occupé par un salarié qui habite dans une autre zone d'emploi. En effet, 12 à 30 % des salariés qui résident dans les zones d'emploi de Béthune-Bruay, Lens-Hénin, Douaisis, Flandre-Lys et Roubaix-Tourcoing travaillent à Lille. Le Valenciennois, qui a gagné en emplois ces dernières années, rayonne aussi sur le Douaisis, le Cambrésis et la Sambre-Avesnois. Idem pour la région d'Arras qui attire les habitants de Lens-Hénin et de Béthune-Bruay.
Mais qu'est-ce qui fait courir les salariés ? « L'emploi est le facteur premier », selon Jean-Jacques Malpot, le directeur régional de l'INSEE. « Mais les salariés et les familles ont aussi une problématique de localisation. Quand on est jeune et célibataire, on va apprécier un logement en centre-ville. Quand on a une famille, on aura plus tendance à aller s'installer dans les zones résidentielles. Plus on tient à son cadre de vie et plus on est à l'aise financièrement, moins on hésitera à s'éloigner de son lieu de travail. L'enquête montre bien que les cadres sont ceux qui font les plus longs trajets. » La tendance pourrait s'inverser si l'augmentation des prix de l'essence s'avérait durable. « Des personnes dont les communes sont bien desservies par le train et qui prennent néanmoins leur voiture vont faire des arbitrages », estime Jean-Jacques Malpot. « En région parisienne, on voit déjà une augmentation des trajets en métro et en bus. En métropole lilloise aussi. Les salariés ne vont pas changer tout de suite de localisation car ça a un coût. Mais si la tendance à la hausse des prix de l'essence devait durer, elle aurait une influence sur les nouvelles localisations. »
