INTERNET
À Roubaix, OVH embauche « pour l'autre côté du Web »
mercredi 19.08.2009, 04:42OVH affiche une croissance plus que consistante. Et au moment où l'on parle beaucoup de chômage, l'entreprise roubaisienne embauche. Le premier hébergeur français de sites Internet ne connaît pas la crise.
OVH, c'est une histoire économique à succès, menée par Octave Klaba, un patron de 34 ans, qui a démarré dans l'industrie d'Internet avec un gros PC, il y a dix ans. Arrivé de Pologne à 16 ans, passé par l'ICAM à Lille, il a vite été embauché par un grand nom des infrastructures de réseaux. « Mais mon poste informatique n'était pas connecté à Internet ce n'était pas possible. » Alors il a fait une petite incursion aux États-Unis, avant de créer son entreprise : OVH, comprenez « On Vous Héberge ». Aujourd'hui, OVH, ce sont 50 000 serveurs, un réseau de fibre optique pour se brancher directement sur les autoroutes numériques européennes, l'hébergement de 1,5 million de sites Internet (un tiers des sites français) et au passage le quatrième réseau français en termes de capacité derrière des géants comme Orange ou Free. Mais « ils ne font pas le même métier que nous. Eux proposent de l'accès Internet alors que nous, nous sommes "de l'autre côté du Web" ».
Historiquement installé à Roubaix, OVH a aussi investi Paris et étend sa toile commerciale dans nombre de pays d'Europe et en Afrique. Et comme Octave Klaba a de grandes ambitions, il embauche : trente personnes cette année, soit 20 % de salariés en plus, avec deux profils recherchés. Des techniciens informatiques, pour construire et entretenir la gigantesque infrastructure, mais aussi des ingénieurs curieux et débordant d'idées pour mener à bien les développements technologiques dont la société veut faire profiter ses clients (essentiellement des professionnels).
Discrète
L'entreprise se veut discrète sur ses chiffres. Octave Klaba lâche juste qu'OVH fait un peu moins de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires.
La concurrence et l'objectif de devenir, d'ici à 2011, le troisième hébergeur européen (en nombre de sites) justifie cet excès de discrétion. Quant aux investissements, c'est 15 millions par an, soit a priori une bonne partie de ce que dégage cette société en croissance permanente, y compris en termes d'espace, et au capital uniquement familial.

