C'EST LA RENTRÉE
De la craie au crayon numérique, le tableau d'école change d'ère
dimanche 30.08.2009, 04:42Adieu les crissements insupportables de la craie sur le tableau. Aujourd'hui, dans les écoles et universités françaises, le marqueur a bien souvent remplacé la craie. Et surtout, le tableau se connecte aujourd'hui à l'ordinateur et Internet pour devenir un outil pédagogique interactif ouvert sur le multimédia. Démonstration avec deux entreprises innovantes de la région, Polyvision et Speechy.
PAR JEAN-MARC PETIT
economie@lavoixdunord.fr PHOTOS D. CRASNAULT ET « LA VOIX »
> Polyvision : de la craie au crayon numérique.
Chez Polyvision à Onnaing, juste en face de l'usine Toyota, la rentrée scolaire c'est toujours la période du grand rush. Tous les jours, ce sont plus de 700 tableaux qui sont assemblés par les 75 salariés de l'entreprise, essentiellement à destination du marché de l'éducation.
La fabrication de tableaux, c'est une vieille tradition dans le Valenciennois. Les Émailleries du Blanc Misseron ont commencé à en produire dans les années 1950. Racheté par la société belge Allianc, elle-même entrée dans le giron de l'américain Polyvision à la fin des années 1990, le site d'Onnaing reste le numéro un français sur le marché du tableau d'écriture.
« Il y a vingt ans, nous réalisions 70 % de tableaux verts où l'on écrivait à la craie, explique Alexandre Thiney, directeur général délégué. Aujourd'hui, ils ne représentent plus que 35 % de notre production. » Le support en émail blanc, modulable, en acier recyclable, au design épuré, a pris le dessus.
Et surtout, Polyvision se tourne de plus en plus vers le tableau interactif. Le site d'Onnaing a conçu et fabrique un modèle unique en son genre, Eno (pour Hainaut) : un tableau en émail presque classique, où l'on peut écrire avec un marqueur, mais qui peut également être couplé à toutes sortes de logiciels et Internet, grâce à un simple crayon numérique, pour obtenir toutes les fonctions d'un PC à écran géant. « C'est une petite révolution pour les professeurs. Le marché est en plein développement. Nous espérons en vendre 20 000 par an. » > Speechy, l'enseignement nomade.
Une salle multimédia dans une petite valise. Telle est la mallette d'enseignement nomade qu'a conçue Thierry Klein, créateur de Speechy, à Bachy, près de Cysoing. Une petite révolution pour introduire l'univers numérique jusque dans la plus petite école de campagne.
« J'ai longtemps été consultant en e-learning (enseignement à distance via Internet) pour les grandes écoles et les universités. Quand j'ai créé Speechy fin 2003, l'idée était surtout de développer des logiciels facilitant les cours en ligne à moindre coût.
» Plus de 20 000 licences Speechy ont déjà été livrées dans l'enseignement supérieur.
Mais Thierry Klein a voulu aller plus loin. Ce qui était bon pour l'université pouvait l'être également pour l'école primaire, voire la maternelle. « Nous avons conçu une vraie salle multimédia dans une valise, couplée à un tableau interactif mobile. » Plus besoin d'installer une salle multimédia dans une classe. Désormais, l'enseignement se fait nomade, chaque professeur pouvant se partager d'une classe à l'autre cette valisette avec PC, vidéo projecteur, mini-caméra, enceintes, ardoise numérique, etc.
Le professeur continue de faire cours face à sa classe. Au lieu d'écrire au tableau noir, il écrit sur un tableau interactif virtuel projeté sur le mur, avec toutes les fonctionnalités de l'ordinateur (mémorisation des images, agrandissement et travail sur l'image, connexion à Internet, etc.). Avec ce type d'innovation, Speechy a déjà obtenu de nombreux prix, dont celui prestigieux de la Conférence Demo aux États-Unis (qui récompense les cinquante start-up les plus innovantes du monde). Speechy espère ainsi retenir l'attention du ministère de l'Éducation dans le cadre de son développement du numérique dans les écoles rurales (5 000 écoles doivent être équipées cette année).

