ÉNERGIE
Réseau de transport d'électricité prend le sens du vent de l'éolien
mardi 16.02.2010, 05:04Réseau de transport d'électricité (RTE), qui gère les flux électriques du réseau français, vient de mettre en service un nouvel outil permettant de faire le point en temps réel sur la production éolienne et photovoltaïque. Un enjeu de taille : la production électrique régionale d'origine éolienne a augmenté de 60 % en un an.
En matière d'énergie électrique produite, on était habitué au nucléaire et au thermique. Il faut désormais également compter sur le combiné-gaz (comme l'énergie produite par la centrale Powéo de Pont-sur-Sambre) et surtout sur les énergies renouvelables, l'éolien et le photovoltaïque.
RTE, Réseau de transport d'électricité, filiale d'EDF qui gère les « autoroutes » de l'électricité en France (plus de 10 000 kilomètres de lignes haute et très haute tension, dont 2 000 dans notre région) a senti le vent tourner.
Avec près de 4 400 mégawatts (MW) installés en France, la filière éolienne est en plein essor, même si toujours très en retard par rapport à nos voisins allemands (près de 24 000 MW installés). En six ans, la production française d'origine éolienne a été multipliée par vingt. Sur le seul territoire Nord-Est (Nord - Pas-de-Calais, Picardie, Champagne, Ardennes), la production électrique d'origine éolienne a augmenté de 60 % en 2009, représentant 25 % de la production française.
Bien sûr, le parc éolien est encore diffus avec des puissances unitaires faibles (inférieur en moyenne à 10 MW). « Néanmoins, la production éolienne a un impact sur le réseau de distribution classique, explique Christian Aucourt, directeur du système électrique Nord-Est.
Et comme nous gérons les flux et leurs équilibres, il est indispensable de posséder les prévisions les plus fines sur ces énergies intermittentes. » C'est ainsi que RTE vient de mettre au point IPES (Insertion de la production éolienne et photovoltaïque sur le système). Un outil informatique qui permet de suivre en temps réel les productions de l'éolien dans chaque parc, de visualiser les prévisions de production en fonction des vitesses du vent, et donc d'insérer cette production nouvelle afin de gérer au mieux le réseau de transport électrique.
Pour RTE, l'enjeu est d'anticiper l'adaptation de ses infrastructures (lignes et postes) à ces nouveaux apports d'énergie. Un milliard d'euros doivent être investis d'ici à 2020 pour intégrer le parc éolien à son réseau. Une nouvelle approche qui va dans le sens du vent...

