AUTOMOBILE
Sevelnord : la direction joue la montre, élus et syndicats montent en pression
samedi 19.11.2011, 05:17
L'avenir est suspendu au gain d'un nouveau partenaire industriel. PHOTO ARCHIVES DIDIER CRASNAULTUne importante réunion hier à la préfecture de Lille aura permis aux élus et aux syndicats d'afficher leur résolution à sauver le site PSA d'Hordain, menacé par la fin de partenariat avec Fiat en 2017. La balle est dans le camp du constructeur. Obligation de résultat ? Plus de 2 500 emplois sont en jeu.
Tout le Valenciennois s'exclame : que le Lion rugisse ! Que l'usine qui fabrique depuis vingt ans (l'an prochain) des monospaces et des utilitaires vive ! Hier, le message devait passer et s'afficher sur le tableau de bord de Denis Martin, directeur industriel d'un groupe qui annonçait mardi la suppression de 4 000 emplois, épargnant pour autant la région - mais pour combien de temps ?
Sur le pavé
Ce matin, dès 10 h, les syndicats regroupés mèneront le bal d'une manifestation pour serrer les rangs à partir de la place d'Armes de Valenciennes (sans FO local et sans la CFDT qui croit dur comme fer que le site obtiendra le prochain utilitaire). La pression monte. Denis Martin était en visite hier matin dans l'usine mais n'a pas souhaité s'exprimer sur les intentions de la marque, suivi en cela par la direction locale du site. « Le projet industriel est entre les mains de PSA mais nous avons voulu montrer toute notre détermination à préserver l'activité », répond Valérie Létard, sénatrice valenciennoise, à l'initiative de la tenue du tour de table d'hier, avec la mise en place d'une « cellule de suivi et d'anticipation industrielle », en présence de Jean-Louis Borloo. Serait-ce un début d'information, le site espagnol concurrent de Vigo serait abandonné pour le lancement du prochain utilitaire, nom de code K-Zéro. Un point pour Sevelnord, qui aura quand même besoin d'un partenaire industriel, aujourd'hui à peine pressenti, d'ici à 2017.
« On y voit un peu plus clair, dit Jean-Charles Masclef, secrétaire du comité d'entreprise (SPI-GSEA, majoritaire).
Denis Martin nous a dit que ni le site espagnol de Vigo, ni Sevelnord ne sont viables économiquement pour fabriquer le K-Zéro. Le marché n'est pas assez conséquent et les investissements trop importants. Mais le groupe PSA est reparti sur l'hypothèse de trouver un nouveau partenaire . À ce sujet, Denis Martin nous a dit que des négociations étaient très avancées avec d'autres constructeurs et notamment avec l'un d'eux dont il n'a pas dit le nom. Les dés ne sont donc pas jetés et PSA est à la recherche d'une nouvelle solution qui pourrait être connue à la fin du premier semestre 2012. »
« Retourà la case départ »
Pour Ludovic Bouvier (CGT), plus tranchant, « le groupe PSA ne fait que gagner du temps avec l'échéance de la présidentielle. On est revenus comme en mai dernier, lorsque Denis Martin avait annoncé la fin du partenariat avec Fiat. C'est un véritable retour à la case départ. En clair, on est au pays des promesses et le problème de "Sevel" reste entier. La direction a fait un appel à la paix sociale mais nous n'avons pas confiance dans le patronat. » D'après Valérie Létard, un prochain rendez-vous aura lieu en mars avec la direction industrielle du groupe afin qu'elle établisse un état des lieux de ses prospections stratégiques. D'ici là, la rue aura eu le temps de s'exprimer. À commencer par la bien nommée place d'Armes.

