LOGEMENT
Les promoteurs immobiliers inquiets pour bâtir leur avenir
mercredi 15.02.2012, 05:15Quand le bâtiment va, tout va ? Pour la Fédération des promoteurs immobiliers, l'activité 2011 a chuté de 11 % en Nord - Pas-de-Calais, avec des disparités importantes selon les secteurs. La fin programmée du dispositif Scellier de défiscalisation inquiète la filière.
Soit 2 969 logements individuels et collectifs construits en Nord - Pas-de-Calais en 2009, 2 444 en 2011.
Les chiffres que publie la Fédération des promoteurs immobiliers (qui pèse à peu près 80 % du marché en métropole lilloise) parlent d'eux-mêmes.
Mais ils sont à relativiser. Selon les chiffres globaux de la DREAL, ce sont en effet 18 001 logements qui ont été mis en chantier en région en 2011, contre 15 159 en 2010.
« La construction individuelle se maintient, explique Jean-Michel Sède, président de la Fédération des promoteurs immobiliers Nord. La chute de 11 % de notre activité en 2011 est surtout due au collectif, particulièrement la baisse importante des programmes de résidences services. »
> Disparités territoriales. Les chiffres de la Fédération, qui ne concernent pas la totalité du marché du logement, mais seulement les programmes neufs groupés, révèlent toutefois les étonnantes disparités de notre territoire.
Le Nord représente 94 % de l'activité de construction du secteur. Et l'arrondissement de Lille concentre à lui seul 87 % des programmes de construction de logements (voir notre tableau).
En 2011, les promoteurs privés membres de la Fédération n'ont vendus que 35 logements neufs à Dunkerque, 33 à Douai, un seul à Cambrai ! Des chiffres presque irréels qui, même s'ils ne représentent pas la totalité des programmes de logements (notamment sociaux non comptabilisés dans ces chiffres) démontrent l'atonie de l'immobilier dans certains territoires.
> L'exception lilloise. Le marché lillois reste dynamique. « Les réservations nettes (ce qui est vendu) sont en hausse de 2,5 % en 2011 (1 903 ventes contre 1 857 en 2010), explique Jean-Michel Sède.
Cette augmentation, particulièrement nette au quatrième trimestre est due à l'accroissement de 10 % des ventes à investisseurs. Les investisseurs ont bien entendu anticipé la réduction de l'avantage fiscal lié au dispositif Scellier annoncée pour la fin 2012. Malgré cette hausse du dernier trimestre, les ventes à investisseurs sont en baisse de 6 % sur l'année 2011 (1 276 transactions pour 1 355 en 2010), tandis que les acquéreurs occupants progressent de 25 % (627 ventes). » Une tendance qui s'affiche toutefois à la baisse en fin d'année avec le durcissement des banques dans l'octroi de prêts immobiliers aux particuliers.
Signe inquiétant, l'offre commerciale (ce qui reste à vendre sur plan) progresse de 33 % pour s'établir à 1 685 logements. Un « stock » qui, si il devait encore augmenter, voudrait dire l'abandon pur et simple de projets immobiliers.
> Prix en progression. « Notre région se distingue par des prix relativement faibles », constate Jean-Michel Sède, même si ceux-ci ont augmenté de 4,2 % en 2011. Le prix de vente moyen dans l'arrondissement de Lille est à 3 284 euros du m², contre 3 527 à Grenoble et 3 750 à Lyon. Des chiffres évidemment très différents d'une ville à l'autre, voire d'un quartier à l'autre.
Et des prix qui ne devraient pas baisser de sitôt.

