AGROALIMENTAIRE

Chez Bonduelle, des fermes pilotes expérimentent l'agriculture de demain

Publié le 29/08/2012 à 05h03

Question de croissance. Bonduelle la trouve à l'étranger, où le groupe légumier réalise les deux tiers de son chiffre d'affaires. Ce n'est pas une raison pour négliger les bonnes pousses dans les champs quil'ont vu naître : le groupe reste fortement exportateurà partir de la France.

Chez Bonduelle, des fermes pilotes expérimentent l'agriculture de demain
Question de croissance. Bonduelle la trouve à l'étranger, où le groupe légumier réalise les deux tiers de son chiffre d'affaires. Ce n'est pas une raison pour négliger les bonnes pousses dans les champs quil'ont vu naître : le groupe reste fortement exportateurà partir de la France.

PAR VALÉRIE SAUVAGE

economie@lavoixdunord.fr PHOTO PIB

À l'origine, un constat. « Les rendements plafonnent depuis cinq ou six ans en France, mais aussi ailleurs dans le monde. Et nous savons que demain, il nous faudra plus et mieux sur moins de surfaces », souligne Géry Capelle, responsable développement agronomie de Bonduelle en Nord - Picardie. Une réglementation, aussi. Le plan écophyto 2018 proposé par le Grenelle de l'environnement vise, entre autres, à réduire de 50 % l'usage des produits phytosanitaires entre 2008 et 2018.

Le retour de la bineuse

Voilà l'équation. Comment faire pour respecter des chartes d'approvisionnement strictes, réduire l'utilisation des phytosanitaires, tout en optimisant la production ? Pour tenter d'y répondre, Bonduelle a mis en place depuis trois ans huit fermes pilotes, toutes installées en Picardie. Elles expérimentent les bonnes pratiques.

Globalement, explique Géry Capelle, c'est la fin des méthodes uniformes : « Avant, pour une variété de pois étaient définis une technique de culture et des traitements. Avec la production intégrée, la démarche est différente. » L'adaptation est perpétuelle. Au terroir. Au climat. Aux aléas. Un sol sablonneux ne nécessite pas forcément de labour. Un système de piégeage permet d'identifier les ravageurs et de les traiter au cas par cas.

C'est le grand retour de la bineuse. Elle s'était ringardisée, mais est redevenue tendance dans les sillons. Les semis sont précis. Les éventuels traitements aussi.

« Ce sont les avancées technologiques qui permettent ces évolutions. Par exemple, les usines sont maintenant équipées de trieurs optiques qui permettent d'éliminer les légumes non conformes. Dans les champs, les caméras permettent d'optimiser le binage. » Géry Capelle ne croit pas pour autant à la fin des phytosanitaires. « Une année sur dix, peut-être, on réussira à produire sans eux. Mais il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte comme la météo, les maladies, que ça ne se résout pas facilement. Je pense que l'agriculture de demain sera le fruit d'une astucieuse combinaison d'agronomie et de produits chimiques. » Au cours des deux prochaines années d'expérimentation, une centaine d'agriculteurs seront enquêtés. « Nous allons voir s'il n'y a pas de techniques qui sortent du lot, si on observe des résultats concrets qui pourraient être intéressants à faire partager. » •

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