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Les bijoux apportent une pierre précieuse à l'édifice du luxe

vendredi 02.11.2007, 09:43
Les bijoux apportent une pierre précieuse à l'édifice du luxe Rien n'est à vendre dans cette exposition, mais les prix sont affichés. PHOTO PATRICK JAMES

C'est une très belle exposition gratuite qui offre de beaux bijoux aux regards des visiteurs du grand hall d'honneur de la CCI Lille-Métropole.
L'occasion, jusqu'à lundi soir, d'envisager les enjeux de cette filière majeure du beau luxe made in France.

CPDHBJO, le sigle est aussi romantique qu'une pelleteuse de cimenterie. Une fois par an, ce Comité professionnel de l'horlogerie, de la bijouterie, de la joaillerie et de l'orfèvrerie mène une opération séduction dans une grande ville française. Après Lyon, Lille accueille cette année une somptueuse exposition de bijoux précieux en plantant un décor imaginé par Odile Souchon, ancienne directrice des vitrines Lanvin.


Chercheurs d'or
L'exposition ne vend rien même si les prix sont affichés pour les 200 bijoux et les 50 marques. « Elle doit simplement faire du bruit autour du bijou dans une mise en scène différente », plaide Yves Mahe pour le CPDHBJO, pour qui un beau bijou peut être « moins cher qu'une belle paire de baskets ou qu'un sac de femme sans aller dans les marques ».
La région recense environ 350 bijoutiers, ils étaient cent de plus il y a dix ans. « Les boutiques ne sont pas transmises dans les campagnes », déplore Patrick Ennaert, vice-président national honoraire du Comité et bijoutier dunkerquois.
Il témoigne après avoir cédé à son fils Nicolas pour la cinquième génération dans le métier : « Tout a changé. Une fête des mères il y a vingt ans, c'était neuf à servir dans le magasin et cent vingt clients dans la journée. Aujourd'hui, on est à peine trois à servir une vingtaine de clients pour un chiffre d'affaires presque identique, le prix moyen du bijou ayant à peu près triplé en quinze ans ».
Tout a changé. Il y a vingt ans, les bijoutiers étaient aussi horlogers, vendeurs de montres, d'étains, d'arts de la table. Généralistes. Ils sont à présent sous la contrainte de la spécialisation en ville, les bijoutiers de campagne étant en voie de disparition.
« Un jeune qui s'installe sera spécialiste », estime Corinne Blangenois, présidente valenciennoise de la fédération régionale. Une boutique pour les montres. Une enseigne pour le bijou. Recentrage sur le conseil et le service après vente, autant dire la valeur ajoutée pour tenir face aux grandes surfaces, spécialisées ou pas « Le Printemps à Lille ou Auchan-Carrefour sont des locomotives qui peuvent nous amener des clients », explique Jean Caron, président de la fédération nordiste. Un silence. Il reprend : « Quand je vois Claire Chazal le cou dénudé, sans un seul bijou... ça fait moche, nous on le voit tout de suite ». Bien vu. •

PAR YANNICK BOUCHER

PRATIQUE

Exposition hall de la CCI, place du Théâtre à Lille.
Entrée libre de 10 h 30 à 19 h jusqu'à dimanche. Lundi de 10 h 30 à 14 h.

Les envies de Juan feront-elles école ?

Il vient de Barcelone et vit à Lille pour y créer des bijoux contemporains. Son regard est précieux.
Juan Riusech, bijoux d'auteur, 17, allée du houblon à Baisieux. Lancé il y a un an, il vient d'ouvrir son atelier à Lille, adresse tenue secrète, ne tentons pas les diablotins. Certains de ses bijoux figurent l'ornement de l'exposition consulaire et on les remarquera sans les chercher forcément. Chaque pièce est personnalisée à la demande du client, tout est contemporain, le jeu est ouvert sur les transgressions les plus imaginatives. Juan travaille le précieux avec le non-précieux, du caoutchouc, de la porcelaine, du plexi. L'humour peut s'inviter à la table créative (voir la bague pour drag-queen), comme un certain bestiaire, une poule aux oeufs d'or, un lapin sorti du chapeau. L'avenir ? « Pas simple, admet-il.
C'est difficile d'être un créateur tout à fait libre quand il faut payer les factures ». Certes. Mais demain ? « Mon voeu le plus cher serait de fonder une école pour le bijou contemporain, qui serait une vitrine pour tous les créateurs de Lille et de la région, lesquels pourraient s'investir dans une galerie dont la vocation serait bien sûr de faire connaître les créateurs passés par l'école ».
Le bijou est un réhausseur de beauté, également masculine, de plus en plus masculine. Son argument est moins, aujourd'hui, la longévité (une belle chevalière pour la vie) que la mode inspirée des dernières coquetteries. « L'ostentatoire et l'apparat, le bijou hors de prix pour les galas ne sont plus qu'une micro niche, une exception », explique Juan. Comme c'est heureux ! •
Y. B.
> www.juanriusech.com Tél. : 06 28 21 13 57. Bijoux visibles chez Original, rue du Molinel à Lille

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